Chacun d’entre nous a été un jour confronté à la demande d’augmentation. Ou à sa justification. Certes, artisans, commerçants, professions libérales, entre autres, n’ont qu’à se parler à eux-mêmes, pour décider ou non de voir leur revenu augmenter. « Dis donc, t’as vu le boulot que tu fais, tu trimes matin et soir, tu te lèves tôt et tu ne gagnes pas assez, hein ? » soliloque le boulanger ou le médecin ou le plombier ou l’avocat ou encore le maçon… , et j’en passe.
«Ben, c’est vrai mais avec le pétrole qui augmente, les charges et le reste, et ma retraite qui s’éloigne, je sais pas trop si c’est le moment » répond l’impétrant assez pénétré d’une situation qui n’est pas toujours rose. Notre Nicolas, lui, ne s’est pas trop posé cette question : à peine installé à l’Elysée, il a regardé sa feuille de paye. Une misère a-t-il fortement pensé. Dans les 8000 euros, beaucoup moins que son premier ministre, ce simple collaborateur. Bon, à y regarder de près, lui il a pris un bail de cinq ans, il est nourri et logé aux frais de la princesse, encore que la sienne elle soit partie, et tout ce qu’il touche c’est de l’argent de poche en somme. Oui, mais en sonnant et trébuchant, pour ses vieux jours, pour les lendemains qui ne chanteraient pas, Nico, il s’est dit, c’est vraiment trop peu. Et si je m’octroyais une petite rallonge, non ? Il s’est donc reçu lui-même dans son beau bureau présidentiel et il s’est accordé son augmentation au vu de ses mérites. Une dans le genre à 200% avec un global à plus de 200 000 euros annuels. Il a regardé ce qu’elle gagnait la Merkel, le Zapatero, le Prodi, le Brown et il a fait sa moyenne. Oui, dans les 20 000 euros par mois sur la feuille de paye, ça correspond mieux à ce qu’il fait, à ce qu’il dit « travailler plus pour gagner plus ».
Un Président ça doit être un job bien payé, sinon c’est trop ingrat. Alors, faisons un rapide calcul, ça fait 1 million d’euros pour le premier quinquennat et comme il guigne déjà le second, ça ferait dans les 2 millions pour la totalité de la durée de la mission. C’est pas impossible. Ben moi je dis que c’est si pas si mal payé. Et comme il n’aura quasiment pas un sou à sortir de sa poche, c’est plutôt bien vu l’avocat, non ? Avocat de sa cause, bien défendue et sans appel. Dire que certains veulent nous faire croire que la politique, l’entrée dans ce beau métier, les petits matins blêmes avec un café crème au fin fond de la province ou d’une banlieue (ex)rouge, les débats de nuit à l’assemblée, la vie dissolue, les enfants qu’on ne voit pas, bref, le calvaire de l’homo politicus, c’est dur, très dur, difficile, éprouvant et que ça ne paie pas… C’est curieux d’ailleurs, ce sont les seuls (avec certains patrons du CAC 40) à ne jamais vouloir entendre parler de retraite, à en repousser l’âge (Chirac à 75 ans ça faisait plus vraiment jeune loup) et à s’inscrire dans une durée qui les arrange. Pourquoi ?
Pour le pouvoir, pour l’argent, ah, non, pas le pognon qu’ils
disent. Pour l’amour du peuple, pour nous aider, pour notre bien… Vous
imaginez qu’à la tête de l’état, dès 60 ans, voire 55 ans, comme hélas
dans beaucoup de sociétés où on pousse vers la porte les quinquas, nos
chers politiques soient mis sur le ban (pas de l’Assemblée), celui de
touche, déjà il n’y aurait plus personne au Sénat, le repère des «
sorties de route « , et même Sarkozy ne serait pas garanti de pouvoir
se représenter (n’oublions pas qu’il aura 57 ans en 2012).
C’est
vrai, je caricature, Victor Hugo écrivait les Misérables à 60 ans et le
général de Gaulle installait la Vème à 68 ans, mais tout le monde ne
peut pas faire dans le génie. Alors, puisque c’est ça, un conseil,
prends l’oseille et tire-toi !
(à suivre)
Henri-Jean Anglade












M'enfin... et la parité homme/femme. Tu ne voudrais quand même pas que Nico gagne moins qu'Angela ? "A travail égal, salaire égal", il montre l'exemple, c'est tout. Trop fort ! Demain j'en parle à mon patron.
Rédigé par: Nathalie Bachelier | 27/11/2007 at 20:44