Il fait très chaud, vers 19 h. Je suis Place Péreire, encombré avec sous le bras un cadre que je viens d'acheter encadrer la lithographie Fun Tom de Jean Jullien. Cette litho est destinée à Tom pour son anniversaire. Au feu de l'avenue Gourgaud, je m'arrête car le feu vient de passer au rouge pour les piétons. Une voiture démarre et passe. Derrière cette voiture, à 5 / 6 mètres, je vois une Mercedes bleu-roi à l'arrêt. La conductrice, vieille liftée et bigoudisée tarde à démarrer en farfouillant dans son sac. La Mercedes doit avoir largement dépassé sa majorité ; elle appartenait sans doute à son défunt mari.
Je décide de traverser, et j'ai largement le temps. Au moment où la Mercedes passe près de mois, la conductrice que je n'ai pas du tout gênée, me crie par la vitre baissée :
- meeeeeeeeeeeeeeeeerrde !
Son merde est si vulgaire, si gras, si violent et si méchant que j'ai l'impression fugace que c'est vraiment de la merde qui s'écoule de sa bouche tordue.
J'ai juste le temps de lui faire, avec ma main libre, un geste genre canard (tais-toi) qui veut dire :
- eh, la vieille, ferme ton claque-merde !
Ambiance...









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