Faire du neuf avec du vieux, c'est une technique souvent utilisée par les Marketers en mal d'idées. Nicolas Sarkozy qui est à l'affut de toutes les techniques modernes a utilisé ce moyen pour sortir deux ex-premiers ministres du placard où ils se morfondaient. Il y a du Machiavel chez Nicolas... et d'ailleurs Machiavel ne se prénomait-il pas, aussi, Nicolas (Niccolo) ?
Quelle tête d’affiche, qui plus est, bicéphale… Juppé et Rocard (ça fait presque l’anagramme d’Apéro), en co-présidents de la commission chargée de définir les priorités du futur emprunt national. Déjà qu’on ne sait pas très bien à quoi il va servir, on se demande à peine ce que vont faire les deux ex, près de 150 ans à eux deux, façon de voir l’avenir avec les lorgnettes du passé.
C’est une mode bien de chez nous, puiser dans la panier des anciennes vedettes de la politique pour les ré-assaisonner en plat réchauffé. Enfin, d’un côté Sarko évite à Juppé sa tentation de Venise, et lui permet d’attendre un éventuel remaniement ministériel, quant à Rocard, grand ami de Chirac, il se paie un socialiste même retraité dans son écurie. C’est toujours ça de pris à gauche après le neveu du tonton dans son escarcelle. C’est peut-être aussi pour ça que Sarko nous a sorti l’emprunt de son chapeau : emprunter les ex premiers ministres au Panthéon des gloires périmées.
Je lui suggère d’imaginer maintenant un dossier sur les grands chantiers de 2017 (perspective d’un second quinquennat auquel il pense tous les matins en se rasant) :
- création d’un pont reliant Marseille à la Corse avec Chirac et Balladur en parrains,
- réflexion sur le futur musée de l’histoire de France avec Giscard et Mauroy (pour une localisation à Hénin-Beaumont),
- festival international de l’humour à l’Ile de Ré avec Jospin et Raffarin
- et nouvelle charte des droits de la femme pour une meilleure équité en politique avec Edith Cresson en première ligne
- sans oublier un gros pavé dans la mare, le projet d’une ville nouvelle située on ne sait où pour réhabiliter les banlieues, confié cela va sans dire à Dominique de Villepin et Laurent Fabius en attelage consensuel. C’est beau la politique quand elle se veut au-delà des clivages, et qu’elle emprunte les chemins de traverse, lieu idéal pour situer ces personnages en bout de course.
Henri-Jean Anglade
Photo : lefigaro.fr












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