Je viens de lire un chapitre du livre Switch (How to change things when change is hard) où les auteurs Chip et Dan Heath expliquent entre autres comment il ont pratiqué pour changer le comportement de parents qui maltraitent, physiquement, leurs enfants. Méthode intéressante et pas évidente quand il s'agit de changer des comportements ancrés depuis longtemps et que le pli est pris si je puis dire. J’ai d'ailleurs l’intention d’exposer la méthode générale dans mon blog.
Dans le wagon qui me mène d’Avignon à Paris il y a une mignonne petite fille de 8 / 9 ans. Sa mère est black, son père est blanc. Pendant tout le voyage, la mère a dit 3 mots en tout et pour tout, ne s'occupant guère de sa fille ; à un moment, elle s’est absentée longuement pour se refaire une beauté - toute relative - dans les toilettes. Le visage du père respire la raideur et l'autorité sans concession. Ses lèvres sont très serrées, quand il parle on dirait un pitbull qui va mordre, ou une porte de prison qui s’ouvre sous la poussée brutale d’un caïd. Son expression ressemble à celle d'Anthony Hopkins dans le Silence des Agneaux. Il essaie de dormir, sans succès. Sa fille bouge beaucoup et elle fait connaissance avec deux petites filles du même âge sur le siège d’à-côté. Et ce petit monde commence à devenir turbulent, sans excès. Le père ne le supporte pas et tout à coup il saisit violemment la bras de sa fille comme s’il allait le casser comme une allumette. Quelques minutes après il la secoue comme un prunier. Son comportement méchant met ses voisins très mal à l’aise. Manifestement, il y a zéro tendresse entre ces deux-là.
J’en ai encore froid dans le dos. Dans le livre Switch, il est dit que les arguments rationnels ou émotionnels n’ont aucune prise sur ce genre d’individus mais qu'on peut assez rapidement modifier leur comportement avec un petit nombre de séances de thérapies immédiates : l'interaction thérapeutique Parents-Enfants.
En sortant du train (qui a une heure de retard - ce qui n'a pas arrangé la mauvaise humeur du père colérique), je prends le métro et là, changement de décor. J'observe un type qui explique à son voisin comment il faut négocier en ce moment un prêt immobilier. Il accompagne sa démonstration, car c'en est une, d'un jeu de mains très particulier. Ses paumes sont verticales et se font face à 20 centimètres l'une de l'autre ; les doigts de la main droite sont serrés et ceux de la main gauche ne le sont pas : l'annulaire et l'auriculaire sont écartés et repliés. Parfois, il conforte un taux de prêt en arrondissant son index et son pouce qui se rejoignent en un cercle parfait, comme pourrait le faire un chef d'orchestre. A un moment, il s'embrouille et sa main gauche passe devant sa main droite ; les paumes sont toujours verticales mais leurs dos se touchent, et font penser à des ailes de papillon.
Ce type enferme tous ses arguments et ses secrets dans une boite parallépipédique. Ca doit probablement être très bien rangé chez lui ! Et aussi dans son cerveau gauche ; je parie qu'il n'a pas de cerveau droit.









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