La nouvelle est tombée, pire que la perte du triple A, la fin annoncée d’un pan de notre mémoire, des images qui ont bercé notre enfance, celle de nos parents et grands-parents, des souvenirs à la pelle et pêle-mêle des photos jaunies, des appareils pour première communion, des sourires sur des bancs de classe, des cadrages ratés et des yeux rougis, des flashes aveuglants mais que du positif, et des chapelets de négatifs pour garder trace du passé… Tout cela est à ranger au rayon des antiquités : clic-clac Kodak c’est terminé !
Le fleuron de l’industrie américaine, il y a encore quelques années, n’a pas survécu au passage au numérique, qu’il avait pourtant anticipé en déposant nombre de brevets. Volé, pillé, abusé, par ses concurrents comme par ses dirigeants, le pionnier de l’histoire de la photographie n’a plus que les yeux pour pleurer, et nous aussi. Rochester, la ville où se trouve le siège de l’entreprise a vu ses effectifs fondre comme neige au soleil, 7000 aujourd’hui, hier 60 000 personnes. Ne reste plus qu’à vendre ou brader au plus offrant quelques-uns des 1100 brevets numériques déposés par la célèbre firme et ce qui subsiste du patrimoine et des bijoux de la famille. Adieu les kodakettes qui nous avaient tant émus dans les années 80 sous la houlette du magicien Goude. It’s not good : cli-clac, Kodak, c’est bye-bye.
Henri-Jean Anglade
NB. ce post est signé Henri-Jean. L'appareil photo est celui de mon père. Toutes mes photos d'enfance ont été prises avec cet appareil qui n'est pas un Kodak mais qui y ressemble furieusement (séquence nostalgie sniff)









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