Le fruit n’est pas encore mûr, mais il mûrit l’idée… D’autant que le boulet de la défaite souffle sur la camp de la droite, ébranlée par la perte du triple A, la montée du FN et le nouvel élan de François Bayrou. Sarko perdu, Copé s’y voit déjà, d’ailleurs pour savonner la planche de Fillon, il soutient Rachida Dati, et se place sur orbite.
Jean-François Copé : doublure de Sarko ou fac-similé de Chirac
Il ronge son frein et vote pour 2017, sachant que ses chances seront plus grandes pour au moins deux bonnes raisons : la première, c’est que si Sarkozy est élu, l’hypothèque sera levée et il pourra s’en affranchir, la seconde, c’est que si les socialistes l’emportent, les Français versatiles, changeront de cap au bout de cinq ans, lui donnant des arguments à faire valoir (et des arguties à faire savoir).
Une chose semble acquise, à 47 ans, notre animal politique n’est pas du genre à être tenté par Venise (comme son collègue d’UMP, Alain Juppé, qui fait figure de vieux sage) mais bien par le pouvoir, tout le pouvoir et sans trop tarder. Il a pris à la hussarde le parti et il ne lâchera pas son jouet de sitôt : Jean-François Copé, maire de Meaux n’est pas avare de mots pour dire sa détermination à y penser depuis tout petit.
Avocat de sa cause et cumulard jusqu’à qu’on vienne le titiller (il ajoutait à ses casquettes celle de conseiller auprès du cabinet Gide Loyrette Nouel, moyennant 20 000 euros par mois, avant qu’il ne cesse d’exercer, mis en accusation par Martin Hirsch dans son livre « Pour en finir avec les conflits d’intérêts »), le secrétaire général de l’UMP ne tient pas à se Raffariner, ni à servir la soupe aux élus sans contrepartie.
L’homme ne manque pas de charme mais il lui reste à prouver qu’il a l’étoffe du héros. S’il s’est sacrifié ce premier quinquennat de Sarkozy en porte-voix, tout en marquant sa différence, et en ne prenant aucun ministère (attendait-il Matignon ?), il n’entend pas faire la sourde oreille à ses ambitions. Il prend date et l’opinion à témoins, mais celui qui a écrit « Promis, j’arrête la langue de bois », saura-t-il éviter les écueils d’une élection sous haute surveillance d’un Sarkozy qui n’aime pas qu’on lui résiste. Pourra-t-il dire tout haut ce que certains pensent tout bas : que l’actuel hôte de l’Elysée est en mauvaise posture, que ce n’est pas la monture qu’il faut changer mais le cavalier. Exercera-t-il un jour le droit d’inventaire sur les années Sarko, lui qui en a fait un livre à charge contre Jospin en 2002 « Devoir d’inventaire, le dépôt de bilan de Lionel Jospin ». Il donne l’impression de ne pas avoir sa langue dans sa poche et peut très bien la jouer Bonaparte contre Napoléon. Mais il est plus probable que fin stratège, il se place pour la suite, sachant que si ce n’était pas en 2017, ce pourrait être en 2022, il n’aura alors que 58 ans, ce qui lui laisse encore de belles espérances devant lui, en 2027 pour ses 63 ans, l’âge de Chirac quand il est (enfin) arrivé aux plus hautes fonctions. Bon sang ne saurait mentir.
Henri Jean Anglade
Demain, on passe à la gauche (comme dit son héraut, le changement, c’est maintenant)









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