Gauche : tous les espoirs sont permis
Héritage Mitterrandien avec ou sans inventaire, la gauche depuis une dizaine d’années se cherche, et plus particulièrement un chef. Après Jospin et la gifle du 21 avril 2002, les socialistes ont à peu près tout remporté… sauf les présidentielles ! La faute à leurs motions, à leurs divisions, à leurs querelles intestines, à leurs éléphants, à leurs égo et un peu à Ségo. Résultat, aujourd’hui, ils sont si près du but qu’un rien pourrait les faire vaciller. Et les récentes altercations entre écolos alter-mondialistes et anti-nucléaires avec les socialos hollandais jettent déjà de l’huile sur le feu. On n’a pas fini de les voir se chamailler. Sarko s’en frotte les mains mais le désir de changement sera-t-il le plus fort ? Ou la crise rebattra-t-elle les cartes ? Il appartient à François Hollande de rassembler ses troupes et d’en être le berger. Pari réussi lors de son premier grand meeting de campagne au Bourget dimanche dernier.
Plutôt que flanby, il faut qu’il soit Justin Bridou bridant ses vrais faux amis et saucissonnant ceux qui le traitent de capitaine pédalo. Commandant de bord du navire Solférino, il a du pain sur la planche et intérêt à bien manœuvrer s’il veut gagner les rives de l’Elysée et arriver à bon port.
François Hollande : l’autre fromage pour la France
Résistera-t-il encore à ce régime draconien, ou sera-t-il tenté de croquer avec gourmandise sa nouvelle notoriété ? En tout cas, inversement proportionnellement à sa perte de kilos, il a pris du poids dans le corps électoral, au-delà de la petite boutique de la rue Solférino qu’il a tenue pendant une décennie. Il fait désormais la course en tête, après avoir dominé ses partenaires qui sont désormais ses coéquipiers, contraints, comme Martine ou conciliants comme Manuel Valls.
La première ne l’apprécie pas vraiment, le second s’est rallié sans réticence, quant aux autres ex opposants dont Fabius, ils commencent à redouter les effets revitalisants de cette cure d’amaigrissement.
L’homme du terroir se Chiraquise et laboure la France profonde tandis que les Strauss-Khaniens orphelins ou dépités ont pour certains rejoints son camp comme Pierre Moscovici veni vidi.
La pression des électeurs, socialistes et autres, est telle que Magic François se sent porté par cette nouvelle gravité Hollandaise. Et en matière d’attraction, l’ex Monsieur Royal n’a pas fini d’exercer son pouvoir sur les médias, d’abord réticents, désormais conquis. Le récit de son ascension pourrait s’intituler : le sous-préfet aux champs ou les vertus de la persévérance. De quoi le conduire jusqu’à l’Elysée et faire du match Hollande-France un seul et unique vainqueur. Sauf si… la crise, les écolos, le nucléaire, la dette, les andouillettes 3A, les versatiles, les rancuniers, les chafouins et autres empêcheurs de voter en rond se détournaient de lui en le balladurisant au fil des semaines. La pente est raide, et au pays de Hollande, les polders pourraient le sauver. Que votera le marais, ce territoire à la gauche du centre et à la droite de la gauche ? Si Marine ne fait pas un raz-de-marée, si Mélenchon ne monte pas dans son sous-marin, François Hollande pourrait endiguer le flot des électeurs indécis et les rallier à sa casquette. Et Tulle pourrait devenir la nouvelle capitale dans le cadre de la décentralisation.
Henri-Jean Anglade
Photos : FH en campagne au Bourget, et cet été au Marché d'Arles









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