Le pétard mouillé de Sarkozy, by Henri-Jean Anglade
On glosait dans la blogosphère, on jasait dans le Landernau politique, on se lamentait dans les couloirs de l’UMP, on raillait dans les meetings du PS, on voyait le ralliement de certains (Boutin, Morin and co), on devinait qu’il allait le dire… C’était le secret de Polichinelle le moins bien gardé de la place, il a enfin déclaré sa flamme à la France et aux français, un Oui sans éclat en réponse à la question convenue de Laurence Ferrari suivi d’un « Ch’uis candidat » dans un chuintement progressif. Un petit Oui comme énoncé devant madame le Maire, sauf que la mariée attendait en coulisse et que la France, elle, se fout éperdument de ce prétendant prétendument amoureux, qui depuis cinq ans, fait des enfants dans le dos à toutes ses promesses.
Ch’uis qui dit et ch’uis qu’y est
Sarkozy candidat c’est le retour du taureau dans l’arène, le président y perd un peu de ses beaux habits mais veut rester en lumière, trois petits atours et puis s’en va, on l’a déjà vu à l’œuvre et à la manœuvre, il banderille et se redresse mais hormis Carla, éprise qui n’est plus à prendre, quelle est sa prise majeure ? Khadafi, reçu sous une tente puis étendu sans attente ? Est-ce avec ça qu’il compte se refaire une virginité, lui qui depuis cinq ans nous fait le coup de « y’ak’moi pour sauver le pays ». Nous prend-il pour des gazelles ou des cormorans à prétendre incarner du neuf avec du vieux, à se hausser de la talonnette pour faire flotter l’étendard d’une France forte alors que le pays sort en lambeaux de son quinquennat. Croit-il seulement qu’il va nous avoir en passant sous silence ses erreurs, ses errements et ses palinodies ? Pense-t-il que les français ont à ce point la mémoire courte qu’ils vont oublier que l’occupant de l’Elysée s’appelle Sarkozy et que c’est le même qui veut incarner la nouveauté ? Il devrait se rappeler que quand un modèle est hors d’usage on le change et que même rapiécé, rafistolé, retapé, il a toujours ses kilomètres au compteur et du retard à l’allumage.
C’huis qu’un pov’président
En fait, ce qui est pitoyable, c’est qu’au lieu de tirer sa révérence, lui qui nous a dit qu’il pourrait redevenir avocat, gagner du fric, faire des voyages et profiter de la vie avec sa starlette, il cherche à nous faire le coup de « vous en reprendrez bien un peu », alors que les sondages lui font la soupe à la grimace et que dans son camp, exceptés les fayots et les fanfaronnades de façade chacun cherche à tirer son épingle du jeu.
Sa prestation télévisuelle était à l’image du personnage : petite, convenue, sans élan, étriquée, ripolinée, factice. Au moins pourra-t-il au lendemain de sa prochaine défaite envoyer un CV à Bouygues et espérer en retour un CDD, juste renvoi d’ascenseur pour un homme qui a cru bétonner son mandat et n’a fait qu’ensabler la France.
HJA









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