Sur le gril aujourd'hui d'Henri-Jean : Eva Joly
Comment se remettre à flot ? L’exotisme de la campagne pourrait venir de là, de cette voix qui maîtrise parfaitement le français mais avec un zeste d’accent, comme un bâtonnet de glace à la fraise dans la bouche. Même si par son passé, elle a donné des sueurs froides à Loïc Le Floch-Prigent et autre Roland Dumas, elle essaie d’adoucir le ton pour faire passer le message. Et elle a bien du mal après des débuts prometteurs et une victoire à l’arraché sur Nicolas Hulot. Avec sa bouille ronde que ses lunettes soulignent, elle cherche à arrondir les angles et si elle professe une écologie avant tout sociale, son discours n’a pas toujours l’écho espéré. Son plus fervent supporter, Daniel Cohn-Bendit la soutient mais on sent qu’il n’a pas une foi inébranlable pas plus que Cécile qui la laisse sur le courant à flot tandis que certains se souviennent qu’elle fut moquée comme « Eva dans le mur ». Eva Joly, toujours stoïque, se dit qu’elle a été élue contre la star des sondages, Mister Ushuaï, et que c’est déjà une première victoire. Elle espère remonter le cours de la scène et, avec ses sermons d’élevage,fédérer les verts au-delà du cercle polaire.
Pauvre Eva qu’on est allé chercher en Norvège, elle doit une fois de plus méditer sur les étranges mœurs de la vie politique hexagonale et se dire que pour les écolos, entre la latitude d’Oslo et son attitude de panthère façon ocelot, elle est une espèce menacée, une candidate en voix d’extinction… Qui fera sans doute plus acte de présence que marquer le présent. La faute à Nicolas qui boude dans son coin et à des écolos qui ont toujours préféré les candidats de témoignage aux grands témoins de leur temps (excepté René Dumont en 1974, prophète trop en avance pour être autre chose qu’une caution).
La cause nucléaire d’une actualité brûlante va-t-elle l’irradier outransfigurer son parcours ? Ah si seulement Eva s’était appelée Emilie, on aurait pu lui écrire un joli conte et l’intituler Emilie Joly ! Mais voilà, Eva ne sait pas composer et n’est pas celle qu’on fait chanter.
Henri-Jean Anglade
Photo Mediapart









Billet très agréable à lire. Cependant il y a une chose importante à souligner (et assez inexacte dans ce billet) : personne n'est allé chercher Eva Joly en Norvège. C'est un très bel exemple d'intégration et de "méritocratie" à la française.
Rédigé par : NicolasBarrial | 01/02/2012 à 10:42