Jean-Luc Mélenchon : à gauche toute, à coup de polochon ! Il n’apprécie pas sa marionnette des Guignols et il aime engueuler les journalistes qu’il traite tour à tour de journaleux, de complices du pouvoir en place, de jean-foutre, de bons à rien, de porte-cintre de l’Elysée, bref d’être cul et chemise avec la petite élite parisienne qui tient le haut du pavé et ne sait plus parler à la France d’en bas. Lui, il sait.
Mémélenchon fait rire à 20h sur Canal+ mais Jean-Luc Mélenchon, lui, n’en a cure, il trace sa route et après avoir posé son baluchon sur le flanc gauche de la gauche, il cherche à fédérer tous les mécontentements pour damer le pion (lui il dirait aussi bien le fion) à ses ex camarades du PS, désormais emboboïsés. Excellent tribun, peut-être le meilleur orateur de tous les candidats, l’ancien ministre de Jospin (portefeuille de l’enseignement professionnel de 2000 à 2002) a une revanche à prendre et un combat à mener : bouter le Sarkozy hors champ et se placer en troisième homme pour peser de tout son poids dans le camp des Indignés. Même s’il n’est pas crédité par les sondages d’y parvenir, lui y croit. C’est le nouveau Bayrou de la prochaine élection, l’original ayant été démonétisé par ses erreurs et ses errances. Son Parti de gauche veut prendre au PS, rameuter les déçus de tous bords et engranger la cagnotte communiste. Quelques-uns Place du colonel Fabien voient ça d’un mauvais œil, mais il ne s’en soucie pas. Il a la gnaque, il croit en l’apocalypse selon Saint-Luc : sans moi le déluge, avec moi le refuge.
Un brin Fouquier-Tinville, le doigt accusateur, il prévoit de couper les têtes et de diviser les salaires des patrons du CAC 40 qui se goinfrent honteusement. Rêve-t-il d’y arriver ou connaît-il suffisamment la chanson pour savoir que c’est un leurre. Y a-t-il encore un communiste dans la salle pour le suivre ? Mélenchon a les défauts de ses qualités et vice-versa : hargneux, grande gueule, incisif, cultivé, charmeur, agressif. Par certains aspects de sa personne, même s’il s’en défend, il a un côté Sarko moins le miroir aux alouettes et le fric. Il balance, il est tantôt sincère tantôt calculateur, il n’a peur de rien, il vocifère, il tempête, il s’emporte, il éructe, il cajole... Tout d’un président en somme.
D’autant que lui au moins, il s’exprime bien, même quand il dérape.
Henri-Jean Anglade
Le portrait de JL Mélenchon est de Bruno Bressolin. Vous pourrez trouver d'autres portraits de politiciens sur son blog laviesousozy. Bruno travaille comme un peintre mais aussi comme un graphiste. De son pinceau coule une encre noire, fluide, expressive. Des taches de couleurs vives, gaies et irrespectueuses rehaussent la noirceur de son trait vigoureux. Il est représenté par Valérie Oualid









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