Quand François Hollande s’est lancé dans sa tirade, « Moi, président de la République je ferai(s)… » le soir du débat télévisé, face à Nicolas Sarkozy, chacun s’est demandé s’il l’improvisait ou bien s’il l’avait longuement répétée, seul devant sa glace, ou avec le concours d’un comédien, la troupe de ceux qui l’entourent pouvant se prêter à ce petit jeu. Cette anaphore, puisque c’est le terme, a duré pas moins de trois minutes, devant les yeux sans doute éberlués de Nicolas Sarkozy, et des millions de téléspectateurs intrigués par cette forme. Grand bien lui en a pris, car c’est peut-être ce qui restera de ce débat. Une chose est sûre, l’anaphore l’a emporté sur l’épiphore, autre procédé de répétition employé par Nicolas Sarkozy et terminant plusieurs questions par une formule interrogative, « C’est une présidence partisane ? », où l’on voit que la chute a moins de succès.
Et c’est ainsi que candidat-président a gagné sur le président-candidat !
Moi, électeur, j’ai voté en mon âme et conscience
Moi, électeur, je n’ai pas écouté sa concupiscence
Moi, électeur, je n’ai pas cru en ces promesses rances
Moi, électeur, je voulais un peu plus de décence
Moi, électeur, je rejetais cette forme de déchéance
Moi, électeur, je n’aimais pas qu’on me dicte ce que je pense
Moi, électeur, je ne désirais ni Rolex ni bombance
Moi, électeur, je refusais l’idée de certaines alliances
Moi, électeur, je disais non au chantage à la France
Moi, électeur, je l’invitais à prendre des vacances
Moi, électeur, je trouve le résultat à hauteur de l’espérance
Moi, électeur, je dis à François bonne chance !
HJA









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