Chronique d'Henri-Jean Anglade : Serions-nous en 1012 ?
Avons-nous régressé au point de retomber dans une forme d’obscurantisme ?
Faut-il mettre un voile sur les statues de Jeanne d’Arc et ne plus évoquer l’évêque Cauchon sous couvert que l’histoire doit être halalisée ?
Le retour du Moyen-âge nous guetterait-il après la Renaissance, le siècle des Lumières, la révolution de 1789 et le double avènement de l’iphone et de l’ipad ?
Au nom de quel principe, dans notre démocratie, un journal ne pourrait pas se permettre la caricature ?
Porte-t-elle atteinte à l’honneur de la religion (combien de massacres en son nom ?) quand ont sait ce que ce même hebdo s’est moqué du Pape ?
Qui s’est levé pour défendre Benoît XVI et lancer une fatwa contre ces caricaturistes qui ne respectent rien ?
Le bras d’honneur serait-il le signe du déshonneur pour certains qui préfèrent la guerre à l’humour, arme ô combien pourtant salutaire ?
Le dessin en Une de Charlie Hebdo est-il blasphématoire et si oui en quoi ? (Rappelons-nous que même sous l’Ancien Régime on se moquait par gravures interposées du Tiers-Etat supportant la noblesse et le clergé)
Ces deux personnages religieux ne sont-ils pas aussi comiques que ceux de l’affiche du film dont la couverture s’inspire ?
Les handicapés ont-ils manifesté leur réprobation à la sortie du film, de toute culture, de toute obédience ?
L’autocensure, dans ce climat de pré-insurrection entretenu par quelques-uns, devrait-elle être enclenchée comme une fusée de détresse ?
Sommes-nous en France à craindre qu’une minorité s’arroge le droit de nous imposer sa vision qui n’est pas la nôtre ?
Ne faut-il pas appeler un chat un chat, un tchador un tchador et féliciter Charb d’être Charb ?
Quelques barbus en pieds nickelés et niqabs dans la foulée ont-ils le pouvoir de dresser des fils barbelés pour nous enfermer dans un camp retranché, fort Knox d’une démocratie fragilisée ?
A tout cela, ne laissons pas brandir l’étendard de l’intolérance. Je t’anathème moi non plus : tous pour un, un pour tous… Charlie Hebdo !
Henri Jean Anglade









Commentaires