Le Monde de Samedi 22 Août nous gratifie d'une surprise, et pour une surprise, c'est une surprise ! Celui qui bredouillait sur l'explication du Web2.0 chez Morandini (avec sa célèvre Vidéo...) et qui nous faisait rire (jaune) sur ses foucades qui lui ont valu le surnom de Pitbull de Sarkozy, signe un article où l'on ne reconnait guère son style habituel. Cet article "Internet et son potentiel démocratique, Twitter face à la censure ou à la manipulation" me semble plutôt émaner de la plume d'un énarque que du Conseiller à la présidence de la République pour la communication et la presse. F. Louvrier écrit des choses justes mais ses conclusions, en particulier le parallèle entre les fausses informations véhiculées sur Twitter et les conséquences de la loi Hadopi me semblent hâtives, voire tendancieuses. Comme si Internet avait le monopole (naissant) des fausses informations à l'heure du Storytelling gouvernemental, ou de la manipulation (cf. l'histoire de Luc Chatel, porte-parole du Gouvernement dont la sortie bizarre chez Intermarché pour un Ministre de l'Éducation Nationale laisse des questions en suspens...)
En voilà un extrait : Twitter a un incroyable pouvoir multiplicateur. Un message peut être lu et dupliqué des millions de fois pour atteindre une audience mondiale en quelques minutes. C'est la viralité, l'effet de "buzz", comme disent les spécialistes, qui découle des innovations technologiques du Web 2.0. Ce qui menace le pouvoir de diffusion, c'est le filtrage des messages ou le blocage de l'accès à un site légal par le pouvoir en place. Cette menace n'est pas nouvelle : c'est tout simplement la version moderne et technologique de la censure.
Pour F. Louvrier, Hadopi et Twitter, même combat !
L'analyse de cet article est assez bien vue dans un article sur le "rienafoutrisme" de F. Louvrier que vous lirez ICI et dont voici un extrait : Cette malhonnêteté intellectuelle pourrait se limiter à la critique de comportements pourtant devenus courants en Sarkozie. Mais elle va plus loin et atteint son apothéose dans les écrits de Franck Louvrier quand celui-ci se lance dans un grand écart intellectuel saugrenu : mettre sur le même plan les contestataires iraniens et les artistes défendus par la loi dite Hadopi : « Ainsi il en va de même pour l’étudiant révolté des rues de Téhéran que pour l’artiste qui enregistre sa chanson à Paris : l’enjeu est de s’assurer que la vaste diffusion de son message n’étouffe jamais le lien qui l’unit à chacun de ses destinataires (…) Reconnaître le caractère inaliénable d’un témoignage personnel, tel est le sens profond de la réflexion en cours dans Hadopi, qui rayonne bien au delà de l’industrie du disque, jusqu’au sens de notre vie en commun dans une démocratie ».
Nous ne pourrons jamais assez remercier Franck Louvrier, et la page « Débats » du Monde pour une telle leçon de démocratie.
Voir aussi l'excellente note (comme toujours) analyse de Maitre Eolas qui fait une analyse juridique ...et explosive de cet article
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