Cela ne vous a pas échappé, si vous habitez au nord d'une ligne Bordeaux Strasbourg (la fameuse ligne de démarcation du temps) il NEIGE. Alors, une petite chronique d'Henri-Jean, qui arrive comme une boule de neige fraiche, est la bienvenue. HK (Photo : ICI)
C’est comme ça, chaque année,
aux premiers flocons, les premiers émois médiatiques : il neige ! C’est
pas vraiment une surprise mais c’est ainsi. Petite paralysie momentanée dans
les aéroports, ça coince dans les transports, c’est pas dramatique et selon les
circonstances c’est même drolatique. Cela fait la Une des JT, de la presse en général
et des radios qui s’extasient sur ce blanc manteau (l’expression est ressortie
en même temps que le manteau). Cela signifie l’entrée de l’hiver, cette année
en particulier, et nous rappelle que nous vivons au rythme des saisons. Et
puis, on a la cohorte des râleurs (les chasse-neige ne sont pas sortis au bon
moment), des usagers de la route pris en flagrant délit de surprise (oh, il
faisait si beau encore hier qu’on n’y a pas vraiment cru), des habitués de la
glisse qui s’en donnent à cœur joie dans les jardins du Trocadéro ou dans n’importe
quel jardin public, des mémés qui avancent à petit pas, une main sur le cabas,
une autre sur la rampe pour éviter de tomber plus bas… Et nos aimables
journalistes, le sourire aux lèvres, comme Jean-Pierre Pernaut, pour nous présenter
le visage de la France sous son tapis blanc, clochers recouverts d’une moquette
immaculée.
Profitons-en, dans quelques années, ce sera peut-être un lointain
souvenir. Après Copenhague, et les futurs sommets où les riches se défilent de
leurs responsabilités, Etats-Unis en tête, et les pauvres regardent passer les
assiettes, en porcelaine ou en carton, on appréciera la neige différemment. Réchauffement
climatique oblige, en 2034, elle ne tombera plus que le 21 décembre, à coup de
canons comme le font les Chinois, pour marquer le coup. Et puis, à partir de
2050, nos enfants parleront à leurs enfants de l’époque où ils faisaient des
bonhommes de neige, lointain souvenir d’une différence entre les saisons. Il
leur restera les globulo, ces boules qui contiennent de la neige artificielle
autour d’un monument, par exemple la Tour Eiffel, puisque sur le Kilimandjaro,
les neiges éternelles ont déjà fondu !












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