J'en étais sûr : Henri-Jean a un avis (décalé) sur la Coupe du Monde de Foot. Un avis que j'ai reçu il y a 4 jours... et que, rivé sur mon écran, je n'ai pas eu le temps de poster. Mais, il n'y a pas péril en la demeure : le France des Bleus est toujours dans la course ! (et Carrefour peut donc dormir sur ses deux oreilles vis-à-vis de son offre de remboursement des écrans plats...)
Le Tsunami est en vue, il arrive, nul ne pourra y échapper, sauf à monter loin sur la colline et à s’isoler de tout, tel un ermite… On va boire la coupe jusqu’à l’hallali… et si ce n’est pas votre cup of tea, tant pis, la coupe du monde de foot démarre en fanfare et le grand magic circus médiatique est en place pour nous inonder d’images et nous abreuver de paroles incontournables. La France, elle retient son souffle, et se demande si son équipe ne va pas boire la tasse dès le premier tour de piste. Mystère entretenu par un entraîneur au mutisme éloquent et par des joueurs au silence content.
Comment aborder ces prochaines semaines en toute sérénité, loin du raffut, des raoûts et autres soirées mémorables où la Kro(nembourg) sera reine et les rois accros seront en tenue de combat, corne de brume (vouvouzelas !) et petits drapeaux, réunis autour du comptoir ou dans des canapés en pur cuir de zébu ?
A tous ceux (et celles) pour qui le foot fait autant vibrer la corde sportive et nationale qu’une rencontre avec Sarkozy de retour de son jogging, trempé de sueur et vous parlant du devenir des retraites, je dis qu’il y a des solutions pour échapper à l’emprise du direct et des commentaires ahuris et ahurissants à venir.
A tous ceux (et celles) pour qui le foot évoque le monde merveilleux des stades remplis de spectateurs en transe et emplis d’une fureur déchaînée contre le camp adverse, ces hooligans et ces canettes de bières jetés en signe de victoire, ces joueurs enfermés dans des hôtels de luxe déguisés en camps retranchés, bref à cette joie simple d’une communion où sexe et pognon sont autant de la partie
qu’un ballon rond, alors là, je dis, éteignez le poste, fermez les écoutilles, ne passez plus devant un kiosque à journaux et partez pour la Patagonie, euh, non, c’est en Argentine et c’est encore un pays footeux… Disons alors la Creuse, entre La Souterraine et Dun-le-Palestel, là où les ondes hertziennes ne passent pas et où le numérique est chimérique.
Voici 7 conseils pour affronter ce moment pénible et le transformer en une période bénie.7 bons plans pour se distraire et profiter de la vie hors Coupe du monde :
1. En juin, c’est la période idéale pour prendre des vacances avant que les plages ne soient trop polluées (sauf en Floride), profitez-en pour vous offrir un séjour de rêve aux Seychelles.
2. Vous n’avez jamais pris le temps de lire Proust ou l’intégrale de Balzac. En matière de Recherche du temps perdu et de Comédie humaine, voilà deux auteurs qui vous donneront de quoi vibrer aux exploits de leurs héros.
3. Vous recherchez un but dans la vie, et en dehors d’une enseigne éponyme qui vend (entre autres) des téléviseurs, vous hésitez sur les voies à choisir ? C’est le moment de prendre votre bâton de pèlerin et d’arpenter les chemins de St Jacques de Compostelle. Heures de marche et de méditation en quête d’une étoile, là au moins, vous serez au contact de la nature et vous pratiquerez un vrai sport.
4. Les séries américaines (principalement) offrent un réservoir de création suffisant pour affronter ces grandes plages de solitude, quand vous vous sentirez exclus et rejetés : Dexter, Six feet under, True blood, Heroes, Pushing daisies ou encore Weeds vous donneront matière à évasion et vous offriront un filet de sécurité contre la footlite aïgue.
5. Le tout nouvel ipad (dont Henri ne peut plus se séparer) est une autre façon de tester votre culture et de l’élargir, d’autant qu’il y a désormais plein de livres à télécharger comme le dernier Michel Onfray sur la fin d’une idole, Freud. De quoi oublier le canapé en apéritif saucisses à cinq ou six et se mettre sur le divan pour savourer un bon dessert en duo.
6. Organisez des contre-soirées. Vous avez des ami(e)es qui, comme vous, sont allergiques au foot de salon, prenez le contre-pied et réunissez-les autour d’autres jeux : rami ou pocker, belote ou bridge, tirez les cartes et le tarot, jouez aux dames ou aux échecs, ressortez votre Monopoly et vérifiez le prix de la rue de la Paix, avant que les klaxons n’envahissent les Champs-Elysées.
7. Allez au théâtre, au cinéma, voir des expos, dans les meilleures conditions : salles désertes et climatisées, ambiances feutrées et tamisées, pendant que les uns sont rivés, scotchés devant leur petit écran, les autres attablés ou accoudés, bock contre bloc, faites-vous une toile ou mettez les voiles pour les Glénans. Si vous ne pouvez plus voir les bleus en peinture, voilà un bleu marin qui offre le souffle du large.
Un dernier conseil : à toutes celles qui se sentent abandonnées, effarées par ce délire collectif, libérez-vous de ce joug télévisuel et sortez : Sex and the City !
Henri-Jean Anglade
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