Henri-Jean regarde la télé de temps en temps... et il n'est pas du tout content. Accrochez vos ceintures...
Elle est tout sourire à l’antenne (comme nombre d’autres cruches). (NB. Moi, je la trouve plutôt mignonne. HK)
Elle n’a rien à dire mais prend une heure pour le laisser entendre.
Elle ne sait pas aligner deux lignes sans bafouiller (elle n’est pas la seule).
Elle est a priori décomplexée et fait montre de l’exprimer à voix haute, ce qui n’exclue pas qu’elle ait un sérieux complexe.
Elle aligne bêtise sur bêtise mais l’avoue par avance histoire de dégoupiller tout risque de critique (ce qui pourrait être une preuve d’intelligence).
Elle reçoit des tas d’invités, de l’acteur à l’homme politique en passant par le sportif ou le médecin, en hors d’œuvre avant de leur offrir un plateau repas télévisuel.
Elle aligne les clichés et les balourdises entre deux dents du bonheur et un rire de crécelle.
Elle change chaque jour de tenue comme si cela suffisait à lui donner de la tenue.
Elle est entourée de faire valoir, principalement des hommes, qui essaient de ne pas entendre les bêtises qu’elle aligne comme des menhirs (tandis qu’ils poussent des soupirs).
Elle endosse le rôle de la béotienne avec talent mais usurpe l’identité du candide en prenant ce rôle pour celui de caddy de l’information.
Elle est sotte à un niveau qui frise le brio, à croire qu’elle a une oreillette parce qu’elle est sourde à toute conjugaison du verbe comprendre.
Elle pose des questions qui frisent l’indécence intellectuelle à des invités qui ont la décence conflictuelle à ne pas y répondre (tout en faisant mine d’attendre la question suivante avec une angoisse mêlée d’hébétude, une bouchée de céleri rémoulade dans la bouche, puisque le principe de l’émission est de les nourrir en parlant).
Elle est un titre de film d’Audiard à elle toute seule, « elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause » ce qui n’empêche pas qu’il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des crétins sauvages.
Elle officie tous les jours sur France 5 dans une émission qui s’appelle C à vous.
Elle reçoit du beau monde et avec elle tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
C comme C…, pas sûr que Jean Yanne serait venu sur le plateau, enfin, faut bien vendre sa salade, surtout à l’heure du dîner de la ménagère.
Elle s’appelle Alessandra, avec deux s, sans doute par crainte du chromosome x, il est vrai que si elle s’appelait ginette avec deux t, ce serait moins télégénique.
Si vous avez une heure à perdre, écoutez-la, ça vaut le détour, pas pour ce qu’on y apprend mais pour y voir ce que la télé publique peut nous offrir de mieux disant télévisuel : une séquence de service après-vente où la vacuité le dispute à l’indigence.
Elle est à l’image de notre époque : light, condensée, creuse, vide, pasteurisée, consensuelle, molle, édulcorée… au point qu’une page de pub pourrait passer pour un reportage dans son émission.
H-J Anglade
Pour éviter tout malentendu, je ferai demain la version « il » consacré à un autre journaliste du PAF, non moins éloquent du style de la télévision.
P.S. Sur la page wikipedia qui lui est consacrée il est dit qu’elle est la fille d’un footballeur, ceci explique sans doute cela et fait notoire qu’elle « s’est mariée en avril 2008 avant de se séparer en juin 2009 ». On n’en dira pas plus mais on comprend le malheureux qui a dû se sentir épuisé par un tel marathon des maux.
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