La course aux visas et le mode de vie
Nous avons rencontré beaucoup de Français installés dans la SV (Silicon Valley) depuis
assez longtemps. La course aux visas est un sport national, lié à un
contrat demandé par une entreprise. Tout employé peut être viré quasi
immédiatement et dans ce cas, il a 9 jours pour quitter les US.
Les investisseurs qui veulent créer une société ont plus de facilité (il faut venir avec 200 000$ environ).
L’échec entrepreneurial n’est pas considéré comme une malédiction mais
plutôt comme une expérience utile. Ce qui est mal vu, c’est de ne pas
délivrer ce qu’on a promis. Le mensonge n’a pas la cote aux US…
Cela dit, tout semble facile dans la SV ; comme l’a dit un de nos
interlocuteurs : ici, l’air est contagieux ! Si d’autres l’ont fait, JE
peux le faire aussi.
Les idées circulent facilement, les grands du Net sont tout proches les uns
des autres, le recrutement - surtout dans certaines spécialités comme
les développeurs- est tendu, et les employés passent assez facilement
d’une entreprise à une autre (en ce moment, la mode est aux transfuges
Google→ Facebook). En phase de recrutement, c’est l’entreprise qui «
supplie » l’employé de venir travailler chez elle et non l’inverse.
Chez Google, le restaurant d’entreprise (où près d’une centaine de
centaines de plats internationaux différents sont proposés à la
gourmandise des cerveaux et estomacs affamés…) est gratuit et les employés peuvent
inviter qui ils veulent. Il s’agit en fait de faciliter les embauches
par cooptation.
L’ambiance générale est cool, le beau temps y est sûrement pour quelque
chose, combiné à la sensation d’être, pour la plupart, « là où ça se
passe ».
Malgré la parité $/€, la vie reste chère.
On parle peu de développement durable, les lumières restent allumées le
soir et les voitures qui stationnent ont parfois le moteur qui tourne
encore.
Les faits saillants
Nous avons visité Seesmic, ebay, linkedin, google, microsoft, facebook, sixapart, Orange Labs, netvibes, box.net et des "VC" (venture capitalists, et quelques blogueurs/blogueuses). Je ferai progressivement une note sur chaque RV.
Les start-ups, ou les entreprises plus chevronnées, semblent se
développer à partir de concepts simples, voire simplissimes : stocker
des données, téléphoner, faciliter le paiement à distance, mettre en
relation, faire économiser du temps faciliter le mash-up (superposition
de fonctionnalités différentes), encapsulage de fonctions dans des
sites de réseaux sociaux pour que l’internaute retrouve ses données en
permanence. Dans ce dernier cas l’entreprise fonctionne en marque
blanche, c’est-à-dire qu’elle est transparente pour l’utilisateur.
Exemple caractéristique : Facebook se vit désormais comme un
fournisseur de liens sociaux à la manière d’EDF qui fournit
l’électricité à tous. Les réseaux et liens sociaux sont décidément à la mode. Toute nouvelle application est pensée "réseau". A noter que facebook est de loin le plus gros stockeur de photos au monde, très très loin devant flickr (qu'on prononce d'ailleurs "flick ar"). A noter aussi que web 2.0 se prononce ici web tou poynte O (!).
Le partenariat constitue aussi la source du développement transversal à l'instar d'ebay qui a racheté récemment skype et paypal.
Les mots-clés qui reviennent : mobilité et communautaire
Le partenariat est la règle : mieux vaut réussir à deux que végéter
tout seul. Se poser deux questions en permanence : qu’est-ce que cette
idée va apporter aux gens ? pourquoi serai-je le meilleur à faire du
bien au monde ?
Un bon souvenir : l’invitation chez un « prédicateur fou » qui
vend du vin sur internet, et soyez en sûr, pas du vin de messe ! il a fait son show
devant nous et devant les blogueurs les plus influents du monde (Robert
Scoble) et ce spectacle photographié, vidéoté, était inénarrable de
même que la petite centaine de bouteilles de vin qui a disparu au cours
de la nuit. J'y reviendrai of course.
Une idée toute bête mais très pratique : on trouve à l’accueil de
l’entreprise une carte de visite de l’entreprise, avec son adresse et
le n° de téléphone du standard. Pratique, n’est-ce pas ?
Une idée sympa proposée par Tara Hunt, blogueuse sympa : la coloc de bureaux à des sociétés d’internet
: Citizen Adgency.
Les rapports à l’argent : ils sont efficaces, directs. On ne négocie
pas mais on s’attend à ce que le résultat soit à la hauteur de la
promesse. Négocier avec un fournisseur, c’est l’humilier
Les 9 HK Tags que j'attribue à ce GeekTrip ?
1. Voyage2.0 au pays du 2.0
2. Émerveillement
3. Découverte
4. Partage
5. Tout est possible
6. Simple
7. Réseaux sociaux
8. Confirmation des idées
9. Adoubement
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