Vous connaissez tous les aventures d'Iznogoud, le héros de Tabary qui voulait être calife à la place du calife. Moi aussi je les connais bien puisque j'ai édité ses aventures quand j'étais DG des Editions Rombaldi. J'ai bien connu Jean Tabary qui a signé les treize premiers albums avec Goscinny en scénariste (jusqu'à la mort de celui-ci en 1977). Puis il a continué seul produisant en tout 27 albums. Le pich de cette histoire est le suivant : La légende raconte qu'à Bagdad la magnifique, un grand vizir répondant au nom d'Iznogoud, particulièrement mal intentionné, cultive l'ambition de ravir le trône du calife Haroun El Poussah. D'où son expression favorite qui revient sans cesse : ''je veux être calife à la place du calife !''. Secondé par Dilat
Laraht, Iznogoud multiplie les tentatives les plus diverses et surtout les plus folles pour arriver à ses fins. En vain, bien sûr ! Fidèle à l'esprit des Milles et une Nuits version loufoque, les auteurs ont inventé cette série en 1962 pour RECORD. Mais c'est dans les pages de PILOTE (1968) qu'Iznogoud trouvera un réel succès Après un bref passage aux éditions Glénat, Tabary décide de s'auto-éditer en créant les éditions de la Séguinière puis les éditions Tabary. (12 albums).
Revenons dans l'entreprise : il arrive souvent que vous soyez le numéro 2 et que vous n'ayez pour ambition que de ravir cette place de N°1 à votre chef bien aimé, en vous disant in petto que vous feriez sûrement aussi bien que lui... C'est ce que les Echos ont appelé, dans un article qui date de novembre 2008 : le blues du numéro deux. Dans la réalité, les fonctions du N°1 ne correspondent pas en moins large à celles du N°2. L'un, le "chef", est dans la lumière des projecteurs ; c'est lui qui fixe la stratégie du département, ou du service ou de l'entreprise selon son niveau. C'est lui qui assume toutes les conséquences - heureuses en cas de succès ou calamiteuses en cas d'échec - et qui souvent est pénalement responsables des fautes commises. Il est bien entendu bien plus payé que son second, qui de son côté fait marcher la boutique en mettant "les mains dans le cambouis" et a pour mission de régler tous les problèmes opérationnels quotidiens du service ou de l'entreprise. Les relations entre N°1 et N°2 peuvent être bonnes (même si l'un ronge son frein pour accéder à la place de l'autre), ou tendues en attendant que la place se libère.
Mon conseil pour celui qui veut devenir calife à la place du calife est d'abord de bien réfléchir à ses capacités : a-t-il la carrure suffisante pour changer de fonction ? N'a-t-il pas atteint son point de Peter, c'est-à-dire le sommet de sa trajectoire professionnelle ? A-t-il le temps ou a-t-il intérêt d'attendre le départ du chef à la retraite ou sa mutation dans une autre entreprise ? La meilleure stratégie pour le N°2 est de se préparer à l'idée de devenir N°1 ...dans une autre entreprise. Cette évolution paraitra beaucoup plus naturelle que s'il devient un jour N°1 dans l'entreprise où il travaille en ce moment. En effet, il aura du mal à se décoller de l'image de N°2 qui a intrigué pour devenir N°1 et il lui faudra du temps pour effacer la marque et l'emprise du N°1. Et puis, l'herbe du champ d'à côté semble toujours plus verte, n'est-ce pas ?
Le dessin illustrait l'article des Echos du 18 Novembre 2008













Le manifeste du créateur
Dans un excellent article, Scott a défini les 27 points d'un manifeste pour les créatifs. J'en ai retenu, et traduit, 25. Les voilà :
22/05/2012 dans Commentaires, Le sens du Marketing, Psycho | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Tags Technorati: créateur, manifeste
Envoyer sur Digg