Après la Fracture Sociale, la Fracture Digitale ?
Lors de la conférence que j’ai donnée récemment au Cercle du Marketing de Lyon animé par Carole Phlipotteau, j’ai abordé la question de la Fracture Digitale. En effet, j’ai pu constater depuis plusieurs mois, et je suis sûr que vous aussi l’avez constaté, qu’un fossé se creuse progressivement entre les internautes web2.0 et qui caracolent en tête de la technique Internet et le « Français internaute moyen ».
Les outils du Web 2.0 déboulent à vitesse grand V. Quiconque part en vacances prolongées retrouve à son retour un paysage chamboulé, à peinereconnaissable. Non seulement au niveau des outils, mais aussi des comportements quotidiens, surtout dans les transactions du e-commerce.
Souvenons-nous : Netvibes existait à peine il y a un an, MyblogLog il y a 6 mois, idem pour DailyMotion ou YouTube dont presque personne n'avait entendu parler ou encore Firefox, j'en passe et des meilleurs...
Les retardataires doivent recoller au peloton, ou pour prendre une autre image, sauter in extremis dans le bateau qui s’éloigne du quai, avant que l'amplitude du saut le rende carrément impossible.
Cette fracture digitale, je la vois dans les entreprises, à l’université, dans les journaux, etc… Les esprits ne sont pas encore mûrs pour remettre en cause les anciens modèles.
Heureusement, depuis quelques temps, les journaux (les Echos mais aussi Stratégies, le Monde, Métro pour n’en citer que quelques uns ) ont une rubrique Web et hi tech régulière qui aborde ces sujets avec pertinence, et très en profondeur. Les radios, la télé commencent à avoir des rubriques régulières ; Anne Sinclair consacrait son émission de dimanche dernier aux blogs et à Loïc Le Meur. L’utilisation de téléphones mobiles (avec Texto et MMS) participe aussi à la diffusion de « l’acclimatation ».
Alors que faire ? Propager la « bonne parole » avec enthousiasme et régularité auprès des décideurs en entreprise, auprès des communicants, auprès des étudiants, auprès des curieux qui veulent s'initier. La France n'est pas en retard par rapport aux autres pays européens. Il y a là un leadership qui reste à conquérir.
Les Français Firefox et DailyMotion nous ont montré le chemin. Aujourd'hui, une bonne idée peut être adoptée en quelques mois par le monde entier. En avant !









Cela me rappelle une discution de cet été autour d'un pastis. Il y a un décalage entre ceux qui comme nous essayent de suivre l'évolution et une grande majorité de la population.
Pour le vivre au quotidien, beaucoup n'en sont même pas au web 1.0, et il y a encore des gens qui trouvent que créer un site dynamique est novateur....
Rédigé par: Philippe | 19/02/2007 at 18:26
Désolé de doucher votre patriotisme, mais firefox n'est pas du tout français : il s'agit d'un logiciel de la fondation Mozilla qui est originaire des Etats-Unis et ses développeurs sont issus du monde entier.
Mais peut être vouliez-vous parler de netvibes ?
Rédigé par: j.ducastel | 20/02/2007 at 09:52
De mon coté, j'essaie d'expliquer au maximum aux gens que je croise !
Rédigé par: greg | 20/02/2007 at 18:30
J'ai été plus qu'intéressé par votre intervention hier sur la fracture digitale en cours (au master distribution et relation client de Dauphine). Il est vrai qu'il existe une fracture digitale en France. La première, qui est en train de se résorber, est celle de l'equipement multimédia (smart phone, ordinateur muni d'Internet), et la deuxième est aussi celle de l'utilisation. En effet, il existe un nombre important de français qui sont équipés, mais qui ne savent pas se servir de ses nouveaux outils.
Je pense néanmoins que la France a tout de même pris un tournant, et qu'elle va résoudre le problème de la fracture digitale, peut être plus vite que celle sociale...
Rédigé par: Nicolas | 20/02/2007 at 18:44
Salut Henri.
Hélas, je constate cette fracture tous les jours et en particulier chez beaucoup de clients. Et c'est là, où c'est grave. Ne pas voir venir, pis ne pas admettre cette lame de fond qui est déjà en train de tout balayer, cela relève presque de la faute professionnelle…
J'aime bien ton analogie avec le quai et le bateau. Mais j'ai bien peur qu'il y en a beaucoup qui ne soient même pas arrivés sur le quai…
À cette fracture numérique, j'y ajouterai une fracture induite générationnelle, et elle est bien plus dangereuse! Je vois bien tous les kids, qui dès 10 ou 11 ans ont déjà un blog, utilisent un PC ou un Mac comme ils respirent, ont un portable quand ils rentrent en 6eme et regardent moins la TV. Ils sont nés avec tout ça. Et pour revenir à notre métier, les marques qui n'intégrent pas ce process irréversible, et pas du bout de la souris, mais en y mettant le paquet, c'est grillé pour elles d'ici 4 ou 5 ans.
La casse ne fait que commencer…
Rédigé par: imposture | 20/02/2007 at 23:01
Je crois qu’il n’y pas une mais deux fractures :
La première est celle entre nous et la majeure partie de la population française. Nous, ce sont les agences, les bloggeurs, les fans de la première heure du net. Combien sommes-nous en réalité ? Une bulle métropolitaine auto-centrée composée essentiellement de cadres travaillant dans le marketing, la presse ou l’informatique. La population française, c’est l’immense majorité silencieuse (sur le net…), qui vit dans la vraie vie, regarde la télé et va chez Auchan le samedi matin. Certes, dans cette majorité, une bonne partie (plus de la moitié !) utilise désormais le net mais de manière très concrète pour commander son billet de train, acheter sur laredoute.fr ou savoir ce qu’il y a à la télé ce soir… on est loin du web 2.0…
La deuxième fracture est générationnelle. Cette immense majorité silencieuse à engendré une génération de 6-15 ans complètement différente de la génération précédente. Née avec une souris dans la main droite, une console de jeu dans la main gauche et un GSM dans la poche… Cette nouvelle génération va très certainement tout révolutionner, beaucoup plus qu’on ne le pense aujourd’hui ! C’est lorsque cette génération débarquera dans les supermarchés et les boutiques que les choses évolueront réellement du coté des annonceurs ;-)
Les annonceurs ont raison de ne pas investir aujourd’hui la totalité de leur budget dans le net, et à fortiori dans le web 2.0. Dans 10 à 15 ans ce sera différent. Aujourd’hui, les pubs préférées des Français ne ressemblent pas aux films viraux qui s’échangent sur le net, ce sont celles de la MAAF (« C’est la MAAF que j’préfère ») et LCL (« On vous doit plus… »)… Et en plus, elles sont très efficaces ! Il faut être réaliste et savoir parfois sortir de sa bulle.
Pour autant, il est vrai qu’il faut préparer dès aujourd’hui les annonceurs à communiquer avec la génération à venir. D’où l’intérêt de nos blogs, livres et conférences. N’est-ce pas Henri ;-)
Rédigé par: yan claeyssen | 22/02/2007 at 12:01
La troisième fracture est géographique : difficile de participer à l'Internet 2eme génération tant que notre territoire ne sera pas harmonieusement couvert en haut (et bientôt très-très haut) débit. Le bonheur n'est pas encore dans le pré ;-(
Rédigé par: Mickael Guillois | 22/02/2007 at 18:00