Après la fracture Sociale, la Fracture Digitale ? (suite)
Cette note, écrite il y a quelques jours, a suscité quelques commentaires intéressants. Dont ceux de Yan Claessen, Imposture et Mickaël Guillois. Merci à tous !
Ce sujet me semble fondamental pour notre futur. C'est la raison pour laquelle je reproduis ces 3 commentaires en note. Les voici :
Imposture : Hélas, je constate cette fracture tous les jours et en particulier
chez beaucoup de clients. Et c'est là, où c'est grave. Ne pas voir
venir, pis ne pas admettre cette lame de fond qui est déjà en train de
tout balayer, cela relève presque de la faute professionnelle…J'aime bien ton analogie avec le quai et le bateau. Mais j'ai bien
peur qu'il y en a beaucoup qui ne soient même pas arrivés sur le quai…
À cette fracture numérique, j'y ajouterai une fracture induite
générationnelle, et elle est bien plus dangereuse! Je vois bien tous
les kids, qui dès 10 ou 11 ans ont déjà un blog, utilisent un PC ou un
Mac comme ils respirent, ont un portable quand ils rentrent en 6eme et
regardent moins la TV. Ils sont nés avec tout ça. Et pour revenir à
notre métier, les marques qui n'intégrent pas ce process irréversible,
et pas du bout de la souris, mais en y mettant le paquet, c'est grillé
pour elles d'ici 4 ou 5 ans.
La casse ne fait que commencer…
Yan Claeyssen : Je crois qu’il n’y pas une mais deux fractures :
La première est celle entre nous et la majeure partie de la
population française. Nous, ce sont les agences, les bloggeurs, les
fans de la première heure du net. Combien sommes-nous en réalité ? Une
bulle métropolitaine auto-centrée composée essentiellement de cadres
travaillant dans le marketing, la presse ou l’informatique. La
population française, c’est l’immense majorité silencieuse (sur le
net…), qui vit dans la vraie vie, regarde la télé et va chez Auchan le
samedi matin. Certes, dans cette majorité, une bonne partie (plus de la
moitié !) utilise désormais le net mais de manière très concrète pour
commander son billet de train, acheter sur laredoute.fr ou savoir ce
qu’il y a à la télé ce soir… on est loin du web 2.0…
La deuxième fracture est générationnelle. Cette immense majorité
silencieuse à engendré une génération de 6-15 ans complètement
différente de la génération précédente. Née avec une souris dans la
main droite, une console de jeu dans la main gauche et un GSM dans la
poche… Cette nouvelle génération va très certainement tout
révolutionner, beaucoup plus qu’on ne le pense aujourd’hui ! C’est
lorsque cette génération débarquera dans les supermarchés et les
boutiques que les choses évolueront réellement du coté des annonceurs
;-)
Les annonceurs ont raison de ne pas investir aujourd’hui la totalité
de leur budget dans le net, et à fortiori dans le web 2.0. Dans 10 à 15
ans ce sera différent. Aujourd’hui, les pubs préférées des Français ne
ressemblent pas aux films viraux qui s’échangent sur le net, ce sont
celles de la MAAF (« C’est la MAAF que j’préfère ») et LCL (« On vous
doit plus… »)… Et en plus, elles sont très efficaces ! Il faut être
réaliste et savoir parfois sortir de sa bulle.
Pour autant, il est vrai qu’il faut préparer dès aujourd’hui les
annonceurs à communiquer avec la génération à venir. D’où l’intérêt de
nos blogs, livres et conférences. N’est-ce pas Henri ;-)
Mickaêl Guillois : La troisième fracture est géographique : difficile de participer à l'Internet 2eme génération tant que notre territoire ne sera pas harmonieusement couvert en haut (et bientôt très-très haut) débit. Le bonheur n'est pas encore dans le pré ;-(
Le débat est tout vert !









Vécu cette semaine.
Je pose mes valises pour 2 nuits dans un Kyriad (possibilité d'avoir une connexion wifi si on en fait la demande, et si les chambres visibles par la livebox sont disponibles) et petite discussion le soir au restaurant avec un représentant.
Le sujet Internet est abordé.
Le commercial doit transmettre ses propositions et devis par fax, très peu de ses clients étant équipés d'ordinateur.
Le web 2.0 est abordé... grands yeux ouverts, euh c'est quoi ça.
Cette personne qui pensait bien connaître Internet (c'était son discours) avoue avoir un métro de retard, et que bien qu'habitant Paris il ne pensait pas que les provinciaux pouvaient être au top de l'actualité web.
Il regardera de plus près la prochaine fois ces petits boutons RSS, et jeter un oeil sur Netvibes.
Rédigé par: Philippe | 24/02/2007 at 10:16
Mickaêl écrit : La troisième fracture est géographique : difficile de participer à l'Internet 2eme génération tant que notre territoire ne sera pas harmonieusement couvert en haut (et bientôt très-très haut) débit.
Pour moi : la quatrième fracture, est la facture numérique. Je suis en haut débit (mais pas très haut) et avec un ordinateur correct, mais...
en branchant mon vieux IBM P2 300 (acheté en 2001)il m'a fallu acheter une carte PCMIA et découvrir avec horreur que je n'ai pas assez de mémoire(je rajoute une barette), coût=100 euros.
Le vieil Imac lui ne veut pas installer le flash player 9 qui n'est pas développé pour OS9, donc pas d'accès à certains sites (vais attendre pour un autre Mac).
Une installation de Livebox ( Henri cela devrait te plaire) sur une bécane de 2001 équipée de Windows 2000 tourne au cauchemar : impossible ==> achat d'un autre ordinateur par la personne coût = 800 euros pour consulter Google.
Rédigé par: Philippe | 24/02/2007 at 21:00
Tout à fait d'accord avec toi, Philippe.
Rédigé par: Mickael Guillois | 27/02/2007 at 12:24
J'aime bien le principe de faire une note avec des commentaires (c'est la 1ère fois que je vois ca).
J'aime bien celui de Yan, une sorte de fracture raisonnée..
Cependant, je me rends bien compte tous les jours que ce qui me parait normal sur le web est complètement nouveau pour la majorité (même mes collègues en market pourtant plus jeunes).
Rédigé par: greg | 01/03/2007 at 18:32