C'est gratuit A qui profite ce qui ne coûte rien ?
Les offres gratuites font florès depuis quelques temps. Cet artifice éculé de la VPC (qui insistait souvent lourdement avec ses pléonasmatiques "cadeaux gratuits") est passé dans les offres grand public. Plusieurs articles, notes et livres sont parus récemment, et parmi eux, j'ai choisi de lire celui de Francine Markovits à la sobre couverture blanche accompagnée d'un désign promo (éclaté rouge).
Voilà un livre intelligent et qui rend intelligent, moyennant 14 euros Dans le marketing de l'Égo, j'avais abordé le phénomène du don, du contre-don, de la récompense et autres gratuités qui cachent beaucoup de choses. Dans ce livre, la philosophe Francine Markovits aborde la notion de gratuité dans toutes ses dimensions, qu'elles soient commerciales, philosophique, sociologique, religieuse... Ces nombreux terrains sont abordés de manière étonnante au premier abord, et soulèvent plein de questions avec l'inventaire de leurs conséquences : la gratuité des services publics (santé, la nourriture gratuite pour les SDF, éducation, eau...), la gratuité des médias (journaux, internet, les freewares et autres programmes open source).
Avantage pour les marketers : les leurres de la gratuité sont décortiqués de manière complète , de quoi inventer de nouvelles formules !
Extraits : La gratuité s'inscrit dans une échelle de besoins et de désirs. On peut parler de soins gratuits ou de nourriture gratuite pour "les pauvres", La gratuité n'a pas le même sens s'il s'agit de donner un GPS à tout acheteur d'une voiture de luxe ou un repas chaud à un SDF.
Demain on rase gratis. Ce que nous énonçons ici et maintenant vaut pour aujourd'hui, à l'instant où je lis l'affiche ; qu'en sera-t-il demain ? demain est-il aujourd'hui + 1 jour ou bien demain est-il aujourd'hui ?...
Il n'est pas équivalent de dire ou de lire "gratuit" ; l'expression ne devrait être utilisée qu'au présent.
Le donateur et le bénéficiaire en font toujours beaucoup plus qu'il ne leur parait.
Le don gratuit n'est pas neutre. Un "présent" est en réalité un geste fictif, un mensonge social, une obligation.
Le "c'est gratuit" n'est que le premier d'une chaîne d'opérations qui petit à petit engage l'un des acteurs de la transaction dans un processus irréversible, dans une relation de dépendance envers un créancier, et de dette forcée.
http://henrikaufman.typepad.com/et_si_lon_parlait_marketi/2006/03/gratuit_vous_av.html
http://www.enviedentreprendre.com/2007/02/livre_de_market.html
http://henrikaufman.typepad.com/eclectihklog/2006/03/la_gratuit_ne_v.html









Je n'avais pensé à tout ça en lançant un service gratuit de micro-learning d' anglais via sms : Speed English SMS....
et hop le lien : www.twitter.com/speedenglish
Rédigé par: Pierre & Paul | 25/07/2007 at 16:39
C'est très intéressant. Cela me rappelle ce que nous avez expliqué notre professeur de création d'entreprise lorsque j'étais à l'IPAG il y a quelques années. On discutait de la difficulté de trouver le premier client, car l'entreprise n'est pas connu. Cependant il nous avait conseillé de ne jamais vendre au premier client avec un rabais. En effet, celui ci s'habitue à ce rabais, et il sera très difficile de lui faire payer le plein tarif.
Rédigé par: Nicolas Schriver | 25/07/2007 at 23:35
Je trouve que ce qui est gratuit ne reflète pas le sérieux, la confiance, ainsi que la qualité d'une entreprise. Un bien ou un service gratuit ne sera pas apprécié au même titre qu'un achat. C'est psychologique : le fait d'acheter apporte la majorité de la satisfaction lié au produit. C'est donc l'acte d'achat qui est important, et qui est absent du marché de la gratuité.
Rédigé par: Benoit_Marketing-etudiant.fr | 30/07/2007 at 15:01
Et la gratuité dans le sens piratage, est-elle abordée dans le livre que vous évoquée ? Car là encore, ce n'est pas neutre. Dans un autre ouvrage, la gratuité, c'est le vol, eEnis Olivennes, patron de la Fnac énonce ainsi les dérives de la gratuité, qui remet en cause un secteur économique entier. C'est un autre aspect de la gratuité.
Rédigé par: magaud | 06/08/2007 at 09:53