Internet modifie le fonctionnement de notre cerveau
Sans qu'on s'en rende compte, Internet et le cortège des "Nouvelles Technologies" (qui vont finir par
devenir anciennes à force d'être nouvelles depuis 10 ans !) modifient la manière dont fonctionne notre cerveau. Gary Small (professeur à l'U.C.L.A.) et Gigi Vorgan ont étudié ce phénomène* qu'on trouve bien sûr chez les "digital natives" (ceux qui sont nés avec un clavier au bout des doigts) mais aussi chez les "digital immigrants", c'est-à-dire ceux parmi les adultes qui se sont immergés dans internet sur le tard et qui sont bardés d'ordinateurs, de smartphones- blackberries ou iPhones- et qui twittent, qui powerpointent, qui essemessent, qui facebouquent qui smartboxent et wiient, et font encore d'autres joyeusetés.
Aujourd'hui, nous mettons de l'internet dans nos loisirs, dans nos discussions politiques, dans la communication. Et notre nouvelle expertise se construit au détriment de notre lecture sociale : nous oublions ainsi par exemple le décryptage des gestes de l'autre, la traduction émotionnelle d'une situation. Chaque heure supplémentaire passée devant un ordinateur diminue d'une demi-heure le temps passé en interactivité sociale face à face (Étude 2002 faite à Standford).
Pour réaliser leur étude du cerveau HiTech, les auteurs Small et Vorgan choisirent deux échantillons similaires à une exception près : l'un comprenait des personnes n'ayant pas, ou peu, été exposées à Internet (ce qui devient de plus en plus rare !) et des gens analogues bourrés d'internet. Leurs cerveaux respectifs ont été passés au scanner pour mesurer son degré d'activité. Et bien, le cerveau de ceux qui avaient été peu ou pas exposés à Internet montrait au bout de 5 jours seulement la même activation des zones du cerveau concernées.
La révolution technologique a développé chez les hommes une "attention flottante permanente" Cela consiste à "être sur l'œil" en permanence sans vraiment se concentrer sur une chose unique. Cette attention
flottante nous permet de démarrer au quart de tour et de résoudre tous les problèmes qui arrivent, de répondre à toutes les questions au fur et à mesure qu'elles surviennent même s'il y a embouteillage avec plusieurs tâches simultanées, comme chatter tout en écrivant un e-mail. Nous sommes déormais connectés à tout et partout grâce à notre attention périphérique. La sensation d'intimité qui résulte du fait d'avoir ses amis en ligne au bout du clavier est artificielle et nous fait perdre le contact personnel de la vraie vie, celui que nous ressentons quand nous réussissons à fermer notre ordinateur.
La conséquence de cette attention flottante permanente est l'apparition possible des conditions d'un état de stress. Les temps de réflexion, de pause et de contemplation s'amenuisent et laissent la place à un état de crise permanent. Dans cet état, les gens développent un sens de connection permanente, lequel devient rapidement irrésistible car il nourrit leur égo et le sentiment de leur propre valeur. Il arrive que cet état d'excitation et de pression permanentes s'écroule d'un seul coup quand notre cerveau ne le supporte plus.
A suivre...
* cette note est inspirée d'un article paru dans Scientific American Mind et je pense que beaucoup d'entre nous vont s'y retrouver, hein ?









Commentaires