Les Signaux Faibles sont à l'origine des prévisions fortes, pour le moyen terme et le long terme. Je leur ai consacré une note avec interview-vidéo de Philippe Cahen. Rien avoir avec les extrapolations qui ne donnent que des prévisions à court terme. Ce domaine du court terme, je le connais bien puisque c'est précisément le sujet de ma thèse de doctorat en mathématiques appliquées à l'économie, laquelle a donné lieu à un livre assez complexe comme vous pourrez le lire sur l'extrait ci-dessous (!). Les prévisions à court terme analysent le passé et en déduisent le futur. C'est la technique utilisée pour les extrapolations de séries chronologiques où l'on suppose, mutatis mutandis, que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le sujet de ma thèse tournait autour des modèles à deux aléas : les aléas transitoires qui n'influencent pas le futur, et les aléas cumulatifs qui, par une espèce d'hystérésie, conditionnent le futur proche.
Je me suis inspiré de ce modèle "à deux aléas" pour imaginer un système de fidélisation reposant sur l'accumulation des incidents dans une relation entre une marque et un client, en mémorisant les incidents graves qui s'accumulent dans la mémoire des clients jusqu'au jour où la coupe est pleine et où ils partent ailleurs (sauf si la marque a détecté cette accumulation et à réagi suffisamment vite).
La technique des signaux faibles de Philippe Cahen est tout autre : Philippe détecte des décisions ou des phénomènes naissants qui risquent de chambouler profondément les structures de notre économie, de notre manière de vivre. Dans la vidéo-interview qu'il m'a donnée, Philippe évoque ce qui se passe en Suède en ce moment : pour faire face à la crise, les entreprises licencient et à compétence égale, elles liencient les hommes qui sont, historiquement, mieux payés que les femmes. Et elle embauchent, en cas de besoin, plutôt des femmes que des hommes. A l'évidence, ces décisions prises pour surmonter la crise risquent de changer durablement le modèle social suédois.
De même, la baisse des revenus (dont on parle de plus en plus), même négociée, introduit dans les relations emplyeurs-employés une dimension grave : ou vous acceptez cette baisse de salaire et vous gardez votre job car l'entreprise survivra ou vous refusez et l'entreprise fermera et donc vous aurez perdu votre boulot.
Conclusion : Prévision à court terme, analyse des signaux faibles, voilà donc deux techniques différentes à la disposition des marketers. L'une permet de deviner les comportements des consommateurs de demain, l'autre permet d'imaginer la structure de la consommation d'après-demain.









Le web manque cruellement d'outils qui permettent de faire émerger les signaux faibles dans le bruit ambiant
un chantier d'avenir ?
Rédigé par: Daniel | 07/07/2009 à 09:46
Oui la difficulté est justement de détecter de tel signaux
Rédigé par: Abdo | 08/07/2009 à 08:58