Voilà un sujet pas drôle qu'un jour ou l'autre nous aurons à traiter. J'ai choisi une illustration rigolote pour faire passer la pilule !
Ce sujet a été abordé très récemment dans un article de Gaëlle Thomas dans Time Magazine : How to Manage Your Online Life When You're Dead.
Vous est-il déjà arrivé qu’une de vos relations ou qu’un de vos proches décède, alors que vous aviez avec lui ou elle une relation On line via son blog, ou son compte Facebook, ou son Twitter, son MySpace, son YouTube, etc…? En général vous n’apprenez pas le décès par Internet mais par téléphone ou voie postale. Passé le premier choc émotionnel, vous vous posez la question de supprimer le lien que vous aviez avec cette présence, désormais figée pour l’éternité, dans les réseaux sociaux. Supprimer le lien internet, c’est quelque part aussi supprimer le lien affectif. Alors, comment faire ?
Les réseaux sociaux sont de plus en plus fréquentés et cela doit nous inciter à réfléchir à cette nouvelle situation. Sans compter le fait qu’il est nécessaire que quelqu’un proche du défunt et ayant accès à son ordinateur décide de « fermer », voire de supprimer, à un moment ou un autre le blog, les comptes Facebook, Twitter, et tous les autres, en prévenant (ou pas) les visiteurs du décès de leur auteur.
Avant Internet, il suffisait d’aller fouiller dans le grenier aux toiles d’araignée ou d’ouvrir un tiroir pour découvrir des vieux souvenirs, des lettres écrites à la main, des photos jaunissantes ou même des secrets de famille. Aujourd’hui notre vie, personnelle et/ou professionnelle s’étale avec complaisance sur les réseaux sociaux, tant en images qu’en textes. Et ce phénomène est de plus en plus fréquent avec le développement d’Internet chez les Digital Immigrants. Supprimer un compte, c’est à la fois simple et complexe car se posent des problèmes à la fois techniques et juridiques : Quel est le mot de passe ? Qui a le droit de fermer un site ? Quelqu’un peut-il continuer à faire vivre le site sous l’identité du défunt ? Qui va prévenir l’hébergeur du site que son auteur est décédé ? L'hébergeur peut-il décider de lui-même de fermer le site ? Peut-il, comme le fait Facebook, garder un site de mémoire, image réduite du site précédent amputé de quelques rubriques inutiles ? A qui appartient le réseau relationnel (la petite base de données des amis FB, des followers Twitter, des commentateurs/blog) qui représente un patrimoine ? Qui peut exploiter les photos stockées sur Flickr ?
Les questions sont innombrables sur ce terrain tout neuf.
En principe, votre identité et vos écrits peuvent rester éternellement sur Internet (dans la mesure où les hébergements sont gratuits). Des sociétés se sont créées pour gérer, du vivant de l’internaute, ses dernières volontés. Elles vérifient que l’internaute est toujours vivant en lui envoyant des mails à intervalles réguliers, ces
mails demandant un « accusé de réception ». Sans le retour de plusieurs accusés de réception successifs, la société considère que l’internaute est mort et met en route ses dernières volontés, après avoir néanmoins demandé auprès de personnes désignées antérieurement par l’internaute la preuve du décès.
Deathswitch, qui est une société basée à Houston, suggère de conserver vos « dernières instructions », vos lettres d’amour et aussi vos secrets. Dès que le décès est confirmé, elle envoie moyennant finance les messages à tous ceux désignés par l’internaute.
Jeremy Toeman est ce qu'on pourrait appeler un "Croque-mort Virtuel", patron de Digital Locker qui est sur ce créneau des pompes funèbres numériques, dit que les gens ont, au mieux une idée floue de l’héritage numérique, au pire l’ignorent complètement. Nul doute que cet héritage numérique va vite entrer dans nos mœurs, et que les avocats vont trouver un nouveau domaine où exercer leurs talents…
Source : How to Manage Your Online Life When You're Dead
Time Magazine, by Gaëlle Faure
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