Dans la Tribune.fr, Mounia Van de Casteele écrit un article bien péremptoire dans lequel
elle relaie des prévisions de la chaîne financière américaine CNBC qui "fusille" 5 tendances d'innovation à éviter en 2013 "pour ne pas faire perdre son temps à l'entreprise" (sic). Je trouve qu'elle pousse le bouchon un peu loin. Mes remarques en rouge à la fin de chacune de ces affirmations :
• QR Codes
Un beau flop. Ces codes à barres carrés à deux dimensions ont rapidement fleuri sur les publicités, emballages de produits, et même sur des affiches de magasins à la fin des années 2000. A la base, le principe est simple : le consommateur prend ce code en photo avec son smartphone. Et grâce à une application dédiée, le client peut avoir accès à des informations sur le produit, voire télécharger un contenu marketing alléchant. Une idée novatrice qui n’a pas reçu le succès escompté.
Retour en Juin 2011. La société américaine d’analyse de données digitales comScore estime que quelque 14 millions d'Américains ont scanné les codes QR avec leurs téléphones mobiles. Cela paraît beaucoup - mais ça ne représentait que 6,2% de l'audience totale mobile. De plus, de nombreux consommateurs trouvent leur utilisation compliquée ou n'en voient pas l'utilité. Un peu tôt pour tirer des conclusions sur un système de communication qui change les habitudes des consommateurs, domaine dans lequel il y a toujours beaucoup d'hystérésis. Dans le même esprit, les applications NFC prennent du retard mais je pense qu'elles exploseront le jour où Apple mettra une puce NFC dans ses smartphones.
• Big Data
C'est l'un des plus grands défis de la décennie 2010-2020. Mais le journal met en garde quant à l'utilité et l'utilisation de ces "grosses données" ou "grande quantité de données" en français. Selon lui, le terme est devenu un "slogan amorphe qui couvre tout". Le "Big Data" implique en effet des millions, voire des milliards de points de données. Des données complexes utiles pour les prévisions météorologiques, ou pour Google qui analyse toutes les requêtes de recherche qu'il voit jour après jour.
Mais ce niveau d'analyse est probablement loin de celui d'une entreprise. La plupart des décisions sont en effet construites sur de petites données : des dizaines, des centaines ou des milliers de points de données. En outre, donner un sens à une masse de données est beaucoup plus difficile qu'on ne le pense. Mieux vaut affiner ses produits ou améliorer la relation clients, conseille-t-il. Les Marketers de demain seront, comme le dit le Professeur Christophe Bénavent, des statisticiens, de même que les traders sortant de l'X ou de Centrale ont remplacé les financiers classiques. Les Big Data sont moins difficiles à cerner que les "non-matheux" le pensent, et sont en tout cas parfaitement adaptées à l'hyper-personnalisation que le consommateur recherche maintenant. C'est le Big Data qui mettra fin à la consommation de masse, et permettra - enfin - l'avènement du marketing One to One.
• BYOD
L’approche BYOD ne semble pas être en odeur de sainteté non plus. Cette approche, qui consiste à utiliser ses équipements personnels (téléphone, ordinateur, tablette) pour le travail, afin d’être plus productif doit rentrer dans les mœurs progressivement. Le site met en effet l’accent sur les éventuels problèmes qui peuvent découler de cette nouvelle habitude.
Tout d’abord, l’auteur présume qu’il ne faut pas attendre un immédiat bon titanesque de la productivité. Ensuite, que va-t-il se passer lorsque les appareils des employés tomberont en panne et seront donc inutilisables pendant plusieurs semaines ? Sa conclusion : qui va piano va sano. Le mieux est de laisser cette approche entrer petit à petit dans les mœurs plutôt que de l’imposer de but en blanc. Le BYOD (Bring your own device) est déjà entré dans les mœurs. Les devices du bureau sont utilisés depuis longtemps pour faire ses courses ou téléphoner au bureau et symétriquement, on travaille de + en + à la maison sur ses propres devices.
• Gamification
Le "gaming" est une forme de marketing d'engagement. Il s'agit d'un concept qui vise à introduire les caractéristiques du jeu dans d'autres applications. Par exemple, organiser un jeu concours permet à une marque d'instaurer une relation particulière avec ses clients ou prospects. Objectif : accroître l'attachement à la marque et travailler la fidélité des clients à une marque. Mais l'auteur met en garde contre cette pratique, qui vise aussi à améliorer les ventes, la productivité des employés, voire autre chose dans un certain temps.
En psychologie organisationnelle, c'est ce qu'on appelle l'effet Hawthorne. Les gens commencent à travailler plus dur parce que la direction leur accorde plus d'attention. Mais finalement, les effets s'estompent pour revenir à des niveaux normaux, parce que les gens profitent du jeu et de l'opportunité de gain sur le coup mais ne vont pas pour autant s'intéresser à la marque sur le long terme une fois l'opération terminée. Cela fait des années, voire des décades, que le Marketing Direct utilise la technique du jeux pour récompenser les clients (technique de "l'early-bird, prime de rapidité, cadeaux divers et variés, techniques de fidélité, etc...)et il semblerait que les web commerçants redécouvrent la roue après plusieurs siècles... Bravo !
• Internet grand public
Pour finir, l'auteur met l'accent sur le boom des entreprises crées sur Internet. Il est très facile de lancer une start-up aujourd'hui. Mais combien survivent, ou tout du moins ne tombent pas dans l'oubli ? Selon lui, mieux vaut prendre le temps de réfléchir à ce qui pourrait devenir une valeur durable pour une cible visée, que transformer chaque idée en un site ou une application. Pour réussir un projet, quel qu'il soit, il faut entrer dans une zone d'inconfort, c'est-à-dire prendre des risques. Ce n'est pas nouveau évidemment. Internet permet d'entreprendre et de voir rapidement si le projet a va être un succès ou au contraire un fiasco. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que la Toile ressemble un peu au Far West d'antan : la terre appartient à celui qui y plante son drapeau le premier. Il y a encore plein de territoires à conquérir, mais il ne faut pas tarder. Les entrepreneurs qui ruminent leur projet perdent du temps, de l'énergie et cet élan magique sans lequel rien ne se fait.








QR codes : progresse comme les smart-phones
BIG DATA : INELUCTABLE
BYOD : la facilité y conduit
GAMIFICATION : Le jeu c'est la vie
INTERNET GRAND PUBLIC : N'est pas rentable, il y a trop de concurrence
GROB
Rédigé par : groboillot jean louis | 06/01/2013 à 00:28