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Message d'un nouvel Infidèle

J'ai reçu ce message de Mathieu, qui souhaitait s'inscrire au Miss.TicFanClub. La démarche est intéressante et Mathieu a bien voulu que je reproduise sa lettre ici :
Fraîchement arrivé de province, je viens de faire la connaissance de cette miss au détour d'une rue par un pochoir qui m'a interpellé sur le chemin du travail...
Pensant que c'était une oeuvre éphémère et unique j'en suis resté là, à contempler la miss et la saluer à chaque passage...Petit clin d'oeil de sa part, petit sourire de la mienne, tout allait bien jusqu'au jour où je suis tombé sur une autre de ses œuvres en me promenant dans Paris. Stupeur! Je me suis donc précipité sur le net pour savoir si la miss avait beaucoup écumé les rues de la capitale et laissé parler son talent sur ses murs, et c'est ainsi que j'ai découvert l'ampleur de son œuvre...
 
De belles perspectives de promenade en vue, à la recherche de ses traces...
 
Et puis je suis arrivé sur votre site, avec cette carte d'infidélité ne donnant droit rien sauf au principal! Donc s'il vous en reste une qui traîne, n'hésitez pas je suis preneur et puis surtout, surtout, tenez-moi au courant de l'actualité de la miss !!
 
Autre chose, je voulais savoir s'il existait une carte ou un inventaire de ses œuvres toujours visibles sur les murs, histoire d'aller à la chasse aux trésors autrement que les yeux bandés...
 
Merci d'avance pour tout, et longue vie à cette artiste hors du commun, et si fascinante!
Bienvenue à Mathieu !

Le M.U.R. de Michael de Feo

Invitationdefeow1 A vos appareils. rendez vous au MUR le 28 Juillet pour le vernissage habituel à 19h.

Affiche Miss.Tic : c'était trop tentant !

Misstic_1_2 C'est trop tentant, cet espace blanc sur l'affiche que la Miss a réalisée pour le prochain film de Chabrol. Comme la nature a horreur du vide, certains ont utilisé cet espace comme un dazibao.

Voilà un exemple shooté par Anne Vignial (merci Anne !), que nous connaissons tous bien et qui tient galerie 53 rue Charlot à l'enseigne de l'Art Urbain (à ne pas confondre avecd la rurbin SVP).
Sur l'affiche, on lit : demi salaire, double journée, semi humanité

Miss.Tic Café (10... et fin) : Si dans la nuit nos cris d’oiseaux se taisent - Vous mendierez des nouvelles

Paul_cellier_019_paris_city_poem__2 On est ici dans la plus parfaite homophonie : comme pour « Tes faims de moi sont difficile », seul l’écrit peut décider du sens. Tout est fait pour tromper l’auditeur ? Non pas ici, puisque l’image poétique du début de la citation vient colorer la seconde partie.
Etrange et envoûtant, le cri de l’oiseau nocturne ( et on pense au cri du rapace - hululement de la chouette - plutôt qu’au chant du rossignol) nous parle comme aucun langage humain ne saurait le faire. Comme la musique, comme la voix humaine dans le chant, ce cri s’adresse directement à notre sensibilité, sans passer par l’étage du décodage du sens.
Je risquerais bien une citation de  Héraclite : « Le maître dont l’oracle est à Delphes, ne dit ni ne cache rien, mais il signifie ». Oui, je sais, Héraclite, célèbre pour son obscurité dès l’antiquité n’est pas le philosophe rêvé pour éclairer les propos de Miss.Tic. Mais je l’aime car c’est lui qui voyant ses disciples hésiter sur le seuil de la cuisine à venir le rejoindre, leur dit « entrez, ici aussi il y a des Dieux ». S’il y a des Dieux quelque part, c’est dans la cuisine. Pourquoi n’y en aurait-il pas aussi dans un restaurant ? Fin de la séquence émotion.
Tout de même, la phrase de Héraclite nous rappelle que pour les présocratiques, le langage ne signifie rien. IlFb_cat2882a n’y a rien de valable à dire. Son rôle est de relier les hommes : nous nous rencontrons en parlant, même si c’est pour ne rien dire. Le Dieu (Apollon ici) signifie par oracle : les transes de la Pythie, les entrailles du poulet, le vol des oiseaux. Voilà ce qui a du sens. Le cri des oiseaux la nuit aussi. Surtout quand ces oiseaux sont des humains.
Vous mendierez des nouvelles, parce que nous avons besoin de cela pour vivre. Nous avons besoin des émotions de la poésie, de son ébranlement, de son univers enchanté ou empoisonné. La poésie ne donne pas à connaître : elle donne à vivre (même si à partir de là, il y a quelque chose à connaître).
La parole est à Cat.

J.P.Hamel

PS. La photo du pochoir vient de . elle a été prise par Paul Cellier, insérée dans une note de Hans Karssenberg 12-11-2006. La photo de Cat a été prise par Francis.

Le M.U.R. de Babou

Dominique, en compagnie de Sylvia, Nath et Christine, était au MUR de Babou. Elle m'a envoyé (Merci Dominique...) ces photos avec des commentaires enthousiastes sur le travail de Babou. Sur l'une des photos, on reconnait J. Faucheur ("patron" du MUR) et Epsilon.
Ddle_mur_de_babou Ddle_mur_de_babou_3 Ddepsylon_point_et_jean_faucheur Ddsylvianathaliechristine_2

Miss.Tic Café 9 : Je donne à profusion, je prête à confusion

Misstic_bart_36 Voici un aphorisme qu’on pourrait interpréter d’un point de vue méthodologique : il contient l’une des règles de signifiance propres aux pochoirs de Miss.Tic. Et c’est là que je rencontre la dimension poétique de la Miss.
L’une des règles de la poésie c’est de faire jaillir du sens par l’agencement des mots plus que par la logique du raisonnement. Descartes déjà l’avait noté dans un des ses manuscrits perdus "Il y a en nous des semences de science comme en un silex des semences de feu; les philosophes les extraient par raison, les poètes les arrachent par imagination: elles brillent alors davantage". Descartes - Olympica
Mais ce n’est pas tout, parce qu’il faut encore expliquer comment ce jaillissement est possible. Je donne àEpsn0290 profusion, nous le savons, cette profusion est celle du sens. Plus de sens qu’il n’en faut dans la vie courante : trop de sens pour la vie courante. L’équivoque, l’ambiguïté, ces phrases qui changent de sens selon la façon de les lire. Voilà qui prête à confusion.
C’est exactement ce que Verlaine nous explique dans son Art poétique :
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C’est le lecteur qui compose le sens, à partir du choc des mots. Je comprends cette citation de Verlaine dans la perspective des Impressionnistes de son époque. S’appuyant sur des travaux d’optiques, ceux-ci avaient élaboré une théorie picturale : celle de la couleur pure. Par des touches serrées, allant parfois même jusqu’au pointillisme, ces peintres utilisant des couleurs fondamentales faisaient en sorte que la nuance voulue n’existe pas sur la toile mais apparaisse dans l’œil du spectateur par le mélange qui s’opérait en lui de ces couleurs.
De la même façon, le sens le plus fort est celui qui est suggéré sans être dit, suggéré par addition d’éléments signifiants dont la synthèse est opérée  par le lecteur.

J.P. Hamel

Le pochoir vient du site B'Art http://www.missticinparis.com/misstic_exposition_b_art.html

Il est dans les bacs, l'agenda Miss.Tic

Agenda_misstic Les infidèles fidèles le savaient déjà, n'est-ce pas, (à la papeterie des Gobelins...) mais je n'avais pas eu encore sa photo. Claudine me l'envoie avec le commentaire suivant : pour ne pas perdre un seul des rendez-vous misticien  et autres que nous donnons, je suis partie en quête de la suite (de l'agenda 2006-2007).......
Et BINGO !
il et dans les bacs !

ainsi que d'autres MISS TIC queries papetières !

Miss.Tic Café 8 : Je prête à rire mais je donne à penser

Prete_a_rire Nous revoici avec un jeu sur les métaphores économiques : donner, prêter. Mais ce qui retiendra notre attention ici, c’est le rapport entre le rire et la pensée. Alors que beaucoup considèrent le rire comme insignifiant, les pochoirs de Miss.Tic ont choisi de faire rire pour être signifiant
On aurait tendance à croire que la pensée est une chose trop sérieuse pour naître dans le rire. Bergson se demandant "Qu’est-ce que le risible" répondait : "c’est du mécanique plaqué sur du vivant". C’est ainsi qu’on rit de l’homme qui trébuche et qui tombe, pantin désarticulé qui perd le temps de sa chute  la souplesse de la vie. Autant dire que l’on ne rit que du ridicule. La pensée ne saurait y trouver son compte. Quant au mot d’esprit, Freud disait qu’il fallait être trois pour en rire : celui qui fait le mot d’esprit, celui qui en rit, et le troisième qui en est la victime. Comment prêter à rire (donc faire rire aux dépens de soi), et donner à penser ?
La Miss qui hante les pochoirs de Miss.Tic fait rire parce qu’elle se moque d’elle même : elle y démasque ses  faiblesses, elle s’expose dans ses contradictions (on a vu "revenue de tout, j’y suis retournée"). C’est plus de l’humour que de l’ironie, et c’est surtout de l’autodérision.Epsn0297 Ne pas se prendre au sérieux, est-ce donc cela qui "donne à penser" ?
On peut là encore risquer plusieurs explications. La plus simple est que la Miss nous invite à nous reconnaître nous-mêmes dans ses aveux et dans ses attitudes. On voit une petite bonne femme, d’une allure très contemporaine dont les propos sont enracinés dans la vie quotidienne : et nous sommes, nous aussi dans cette vie. Si nous rions d’elle, nous pensons à nous. Que nous rions de nous ou pas, c’est une autre affaire ; nous avons pris cette distance minimum par rapport avec nous pour que la pensée puisse éclore.
Le rire de l’humour et de l’autodérision est aussi ce qui caractérise le stade religieux chez Kierkegaard. Que savons-nous de Dieu ? Rien peut-être sinon que c’est lorsque nous avons l’intuition de notre petitesse que nous découvrons sa grandeur. Contre le sérieux de la morale, rire de soi est le moment du sacré.
Et ça donne sacrément à penser.

J.P.Hamel

NB : la photo provient d'une note joliment écrite par Alexandre Tissier, L'autre photo montre Yves, organisateur infidèle de cette soirée mémorable.

Miss.Tic Café 7 : Je n'ai de maternelle que la langue

Maternelle Je n’ai de maternelle que la langue Supposons que je sois une femme. De toute part on me dit : Etre une femme c’est être en puissance d’enfanter. Là où les hommes ne peuvent que détruire par la guerre et la violence, le femme est créatrice de vie, elle est mère. La quintessence de la femme c’est la Sainte Vierge. Elle est la mère absolue, c’est donc la femme absolue. Hé bien moi, je n’ai de maternelle que la langue ! Ça veut dire : - Je n’ai pas besoin d’être mère pour être une femme. - Allez vous faire materner ailleurs. Oui, ç’est ça que ça dit. Mais pas seulement. … Moi qui ne suis pas une femme, je n’ai rien à dire sur l’être-femme de la femme. Tout au plus suis-je capable de reconnaître que ça existe, et que l’idéal de l’homme universel des Lumières n’a servi qu’à disqualifier les femmes en leur refusant ce que pourtant on venait de proclamer comme essence du genre humain : la rationalité. Je n’en dirai pas plus sauf si un avocat est présent dans la salle. En revanche, j’ai quelque chose à dire sur la langue maternelle : je n’ai de maternelle que la langue : ça n’est pas rien. Et en effet, une langue maternelle, ce n’est pas seulement la langue de la mère ; c’est aussi la mère de la langue. Si nous cherchons quelle est la racine de notre pensée, nous trouverons bien des émotions, des sentiments, une culture… Mais nousDsc08728 trouverons aussi et surtout une langue. C’est elle par les notions qu’elle nous offre toutes faites, par le découpage de la réalité qu’elle nous propose, qui va façonner nos idées, nos sentiments, notre pensée. La langue maternelle a pour caractéristique d’être la première ; c’est par elle que l’enfant découvre l’univers du langage ; il découvre aussi les mots du désir, et ceux de la Loi du père. Je laisserai aux lacaniens le soin de disserter sur la langue « paternelle ». Je me bornerai à rappeler l’anecdote suivante : Montaigne avait été initié à la langue latine en même temps qu’au français. Dès l’age de trois ans son « précepteur » ne lui parlait que latin, et le père de petit Michel avait défendu aux nourrices de lui adresser la parole. Montaigne raconte que devenu adulte, lorsque sous le coup d’une émotion il s’emportait à prononcer des jurons, ceux qui lui venaient étaient en latin. Façon de dire que la langue maternelle façonne la personnalité en lui fournissant un réserve de signification qui agit dès l’inconscient sans même que nous ayons à le susciter. Maintenant, la langue maternelle, c’est non seulement la langue reçue de la mère, mais aussi la langue donnée par la mère. Parler à un petit, lui enseigner les mots qui vont lui permettre de communiquer et d’inventer, quoi de plus beau ? Jusqu’au jour où la langue maternelle devient celle de l’école maternelle, plus précisément celle de la cour de récré de la maternelle. Et là c’est carrément caca-boudin.

J.P. Hamel

Miss.Tic dans "Paris est à vous"

Paris_est_vous Atissa me signale cet article sur la Miss, avec un beau pochoir peu connu ! Le FanClub ressemble à Argus, le dieu au 1000 yeux qui voyait tout !

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  • Misstic
    La rue est le musée de Miss.Tic

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