La Miss fait la une du journal le Monde de Samedi-Dimanche avec sa photo et un grand article
plutôt alarmiste, page 3, de Michaëla Bobasch intitulé : Guerre au pinceau sur les murs de Paris.
Cet article met l'accent sur la "guerre au pinceau" que livrent les tagueurs à des artistes comme Miss.TIc, Nemo et Mesnager.
L'espace d'expression à Paris est certes limité mais la coexistence qui régnait, comme un pacte de non agression, entre ces deux formes d'expression semble ne plus être de mise : les tagueurs recouvrent volontiers les œuvres des pochoiristes, arguant du fait qu'ainsi, leurs tags ne risquent pas d'être effacés (!). Nous avions bien vu avec le FanClub certains détournements de pochoirs récemment mais persionnellement je n'avais pas ressenti une situation de crise ouverte.
De toute façon, il faut bien se convaincre que l'art de la rue est un art vivant, donc éphèmère. Et c'est d'ailleurs l'une des raisons d'être du Miss.Tic FanClub dans la mesure où de nombreux photographes parmi les 260 membres du club (actuellement) m'envoient régulièrement des photos (qui paraissent sur ce blog), montrant souvent l'évolution progressive des pochoirs selon l'érosion du temps ou les assauts des démolisseurs et autres tagueurs barbouilleurs.
C'est aussi pour cette raison qu'il faut se réjouir de voir de plus en plus de pochoiristes aller s'exposer
en galerie (voir photo d'Atissa ci-contre) avec un grand succès, et de voir aussi des galeries qui se spécialisent sur ce créneau.
Pour ceux qui auraient raté la parution du Monde, en voilà des extraits :
Guerre au pinceau sur les murs de Paris
De Belleville à la Butte-aux-Cailles, du Marais à la rue Mouffetard, de mystérieux personnages se sont emparés des murs de Paris. Il y a l'homme noir en imperméable et borsalino avec sa valise estampillée Nemo, du nom de son créateur, qui vit d'étranges aventures avec son cortège de cerfs-volants, chats, panthères, ballons... Son négatif, l'homme en blanc, tout en fuseaux, danseur ou mime, a ses mains toujours tendues vers le ciel, car, dit son concepteur, Jérôme Mesnager, "il ne faut jamais baisser les bras". Il y a aussi Miss Tic, la pin-up féministe qui profère des apophtegmes équivoques : "Ce qui m'éloigne de moi me sépare des autres", "Eros est rosse", "Le mur a un grain, moi aussi". Ces trois peintres qui se sont fait connaître avec leurs premiers pochoirs en 1985 s'exposent aujourd'hui en galerie et publient des albums. Et, victimes de leurs succès, voient de plus en plus leurs œuvres détournées, voire dégradées.
"L'ANGOISSE DE LA PAGE BLANCHE"
Par sa dimension, le mur offre un écran exceptionnel. Mesnager a réalisé une ronde située à 20 m de haut, rue de Ménilmontant. "La rue me permet de surmonter l'angoisse de la page blanche, de la limite et de l'angle droit", confie Nemo. Avant de poser son pochoir sur le
salpêtre, chacun choisit son mur. "Il doit me plaire à la fois par son côté esthétique et sa matière ; j'ai plaisir à éclairer un mur triste", dit Miss Tic. Mesnager logera son homme blanc de préférence dans un décrochement au milieu de façades uniformes. Le choix a parfois un motif militant. Ainsi, deux hommes blancs dans l'encoignure d'une porte, rue Gasnier, s'écriaient : "Ne cassez pas cette maison !"
Ils se contentent en général des murs qui n'appartiennent à personne, mais certains peuvent goûter à la transgression, comme Miss Tic,
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